QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE II
« Je loue et bénis Dieu, disait encore la Mère de l'Incarnation, de ce qu'il lui a plu de m’humilier dans ses voies de tant de diverses manières. Je lui dis avec le prophète : Ah! qu’il est bon et avantageux que vous m'ayez humiliée. Et c’est avec vérité que je le lui dis, car, pour tous les trésors de la terre, je ne voudrais pas n'avoir pas passé par ces états d'humiliations que je vois infiniment précieux, et plus que je ne le puis dire. Il me semble que j'ai passé par « ces cavernes de lions et de léopards » dont parle l'épouse des Cantiques, et qu'au lieu d’avoir été endommagée par leurs morsures, je me suis sauvée dans les domaines et dans les retraites de mon céleste Époux, qui ne sont autres que les saintes et sacrées maximes de l'Évangile !, »
Ces maximes étaient sa « force et son soutien » au milieu de ses épreuves intérieures, non moins que des affaires fort épineuses qu’elle avait à traiter. Car son divin Époux « opérait en elle par ses impressions saintes, selon ses propres paroles, les vertus foncières de ces divines maximes ». Aussi était-ce comme un complet renouvellement intérieur qui ne cessait de s’accomplir en son âme. « J’expérimentais, dit-elle, que j'étais une créature nouvelle, et que Dieu me possédait par les maximes de son suradorable Fils, d’où vient qu'un jour, après avoir rendu compte de mon intérieur au R. P. Lallemand, il me dit que je ne devais jamais refuser aucun emploi dans les affaires temporelles, puisqu'elles ne
1 Dom Claude Martin, Ile partie, ch. xn.
Leg ob ant lies pa té Eu : NL Lente, SAN LAN TNSAURE Es date
me distrayaient point du grand commerce qu'il plaisait à Dieu de me donner avec lui. »
Ce fut vers cette époque qu'elle prononça son vœu du plus parfait, vœu si excellent et si sublime, qu'on en trouve peu d'exemples même dans la vie des saints. Elle était alors depuis peu de temps sous la direction spirituelle du R. P. J. Lallemand, qui venait de succéder au R. P. Vimond dans la charge de supérieur général des missions du Canada.
« Dans l'octave de Noël de l’année 1649, il me vint une forte pensée que si je m’engageais par vœu à chercher la plus grande gloire de Dieu et tout ce qui serait de plus grande perfection, sa divine Majesté m'assisterait; je me sentis fort pressée intérieurement d'en parler au R. P. Lallemand, qui, après m'avoir entendue et avoir recommandé l’affaire à Dieu, me permit de le faire et de m’engager vis-à-vis de Dieu à faire, souffrir, penser et dire désormais tout ce que je connaîtrais être le plus parfait et pour la plus grande gloire de Dieu. Je me sentis aussi extrêmement fortifiée, et Notre- Seigneur me fit de grandes grâces par cet engagement qui me lia d’une façon toute nouvelle à ses saintes et divines maximes. Dans ce vœu était compris celui d’obéissance à mon directeur pour être dirigée par lui, sous la protection de la très sainte Mère de Dieu. Car je dirai en passant qu’une des plus grandes grâces que sa divine Majesté m'’ait faites, dans le cours de ma vie, a été de me porter à une prompte obéissance à ses mouvements et ins-
ON
plai-
à son lime, la vie temps nand, ans la nada.
il me ir vœu t tout divine e inté-
, qui,
ngager