QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE III
nature, elle ne sait plus où se reposer. Elle fait beaucoup d'eflorts pour conserver les biens de l'esprit, où elle trouvait sa vie et sa force au milieu de ses peines et de ses fatigues. Mais elle comprend que toutes ces délices lui sont maintenant refusées, que ses efforts sont vains, et qu'elle n'a d'autre partage que la privation et le dénuement où elle se trouve.
« En cette mort (c'est ainsi que j'appelle la privation des délices spirituelles dans la partie inférieure), il y a plusieurs degrés, parce qu'il y a des coins et des recoins, des tours et des détours, des ruses et des finesses dans la nature corrompue, qui voudrait à tous moments, et de diverses manières, fuire entrer les sens et les puissances sensitives dans le commerce, ou du moins en quelque participation des joies de l'esprit. Mais l'Esprit de Dieu tranche et agit de telle sorte, qu’il prive toutes ces puissances inférieures des mets de la table royale, qui ne sont point préparés pour elles; et c'est par là surtout que l’on voit clairement la distinction de la partie inférieure d'avec la supérieure. Ce n’est là néanmoins que le premier pas pour entrer dans l'état de victime et dans la possession de la véritable pauvreté ou pureté d'esprit !. »
Notre grande mystique nous signale ici cinq degrés distincts dans cette parfaite purification spirituelle qu'elle est occupée à nous décrire, C'est le ravissant
! Dom Claude Martin, IVe partie, ch, 11.