‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 155 sur 258 · QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE III

contemplation surnaturelle, infuse ou passive, dont il ne sera pas inutile d'indiquer ici en peu de mots la nature et les principaux caractères.

On distingue généralement, on le sait, deux sortes de contemplations : l'une naturelle, dans laquelle l’âme placée sous l'action de Dieu se propose à ellemême un sujet de contemplation et met ses facultés en exercice pour le considérer, Toute âme de bonne volonté, aidée de la grâce divine, arrive ordinairement, bien que parfois à la longue et après un travail opiniâtre, à ce genre de contemplation plein de grâces et de suavités, et elle y trouve la récompense de son assiduité à l’oraison et de sa fidélité à correspondre aux lumières qu'elle y a reçues. C'est pour cela qu’en un sens on l’appelle aussi contemplation naturelle, où mieux ordinaire, non pas que la grâce n y ait aucune part, puisque c’est le Saint-Esprit qui aide et soutient l’âme dans cette sainte opération, mais parce qu’elle ne sort pas des règles communes qui servent à favoriser les rapports de l'âme avec Dieu dans l’oraison.

Quant à l’autre sorte de contemplation appelée surnaturelle, infuse ou passive, elle est tout extraordinaire, et les mots dont les théologiens se servent pour la qualifier disent assez déjà par eux-mêmes en quoi elle diffère de la première. Elle est surnaturelle, où mieux encore extraordinaire, en ce sens qu'elle est tout à fait au-dessus et en dehors des voies ordinaires de l’oraison de contemplation. Elle

est infuse, en ce sens que c'est Dieu qui détermine

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