‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 161 sur 258 · QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE II

un point d’une si haute importance dans l'oraison surnaturelle.

Voici quelle fut sa réponse : « Ç'a été une chose rare que j'aie eu des impressions imaginaires, et quand j'en ai eu, elles ont été aussitôt changées en intellectuelles. C'est une expérience que j'ai faite depuis que la divine Bonté m'a fait l'honneur et la miséricorde de m'appeler, savoir, depuis l’âge de dixneuf ans environ. Auparavant c'étaient des mouvements, des aspirations et des touches qui étaient méêlées. Mais depuis il n'en a pas été ainsi. Il faut, pour qu'une chose puisse être imaginaire, qu'elle ait un corps, afin qu'elle produise une espèce qui puisse tomber sous les sens. Or, lorsque j'ai eu des espèces de cette sorte, elles ont été aussitôt anéanties par une abstraction de l'esprit; de sorte que, l'esprit étant demeuré purement pâtissant et jouissant, la chose a été rendue purement spirituelle et intellectuelle, portänt une impression infiniment plus noble et plus pure, et entièrement dégagée de l'imagination. Voilà la distinction des impressions imaginaires et des intellectuelles. Quant à ce que vous me proposez au sujet du suradorable Verbe incarné, de ses entretiens familiers et de ses paroles intérieures, je vous dirai d’abord qu'il est véritable que ce mot Verbe incarné suppose un corps, car le Verbe s’est fait homme. Aussi, dans les commencements de ma conversion, tout ce que ce divin Sauveur a fait et souflert dans le mystère de notre Rédemption m'était présent d'une manière

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imaginaire. Mais ensuite, comme vous avez pu le remarquer par mes écrits, la chose est devenue tout autre... et il ne se trouve dans mon fond aucune espèce imaginaire. Si quelquefois, par certains passages du saint Évangile qui se rapportent à ce que Notre-Seigneur a dit, ou fait, ou souffert, il s’en forme quelqu'une, tout est aussitôt absorbé dans ce fond, et je n’ai plus de souvenir que de sa personne divine et de son entretien. Je me borne donc à me laisser conduire par son esprit et à suivre sa pente, ou à pâtir son opéra: tion; et en cela il n’est pas besoin d'espèces, parce que l’âme est si éclairée, qu’elle distingue sans hésiter si c'est le Père éternel, ou le Fils, ou le Saint-Esprit qui opère en elle. Et il en est de même de ses attentions et de ses correspondances, je ne puis pas m'exprimer autrement, et J je ne me mets point en peine de faire tant d’exa- $ mens, mais plutôt j'y sens de l'aversion, à cause L de la curiosité qui peut s'y mêler. Je laisse le

tout au jugement de celui qui tient auprès de moi R la place de Dieu. Sans cela, je me causerais plu- % - sieurs distractions qui seraient désagréables à sa P divine Majesté !. » le Mais ne pouvons-nous pas nous demander encore T quelles sont ces paroles dignes de la familiarité de 1 Dieu? Quel est ce nouveau commerce divin dans de lequel l’âme parle aux Personnes divines comme un y (AT

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4 Dom Claude Martin, liv. IVe, ch, v, addition.

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