QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE II
ami parle à ses amis? Il faudrait l'avoir expérimenté pour pouvoir le dire, et même cette âme si éclairée d'en haut, et qui en avait une expérience habituelle, assure que cela est impossible. Dès le moment où, elle est entrée dans l'alliance du Verbe incarné, elle est aussi entrée dans cette familiarité sainte; mais, comme ce commerce s’est subtilisé avec le temps, et qu'il s'est toujours élevé, purifié et simplifié de plus en plus, elle n’a trouvé d'autre comparaison, pour nous en donner une idée, que celle d’un cerain air qui paraît quelquefois sur le visage et dans le maintien des personnes, et par lequel, sans dire mot, on découvre les affections du cœur et les inclinations intérieures de l'âme d’une manière infiniment plus vive et plus touchante que ne sauraient le faire les paroles les plus animées. « Quand vous jetez les yeux, dit Claude Martin, sur un malade qui a de la peine à parler, il vous regarde d’un certain œil qui vous fait mieux comprendre l'excès de sa douleur que s’il s'expliquait en paroles. Quand un misérable se présente à vous sans rien dire, il vous explique mieux sa misère et vous fait plus de pitié qu’il ne ferait par toute l'éloquence de ses lèvres. Quand un homme apprend quelque nouvelle qu’il estime être avantageuse pour ses intérêts, son cœur paraît aussitôt sur son visage, et la joie secrète de son âme se publie d'elle-même par l'air de ses yeux, de sa bouche, de ses joues et des autres parties de son visage. Et sans nous éloigner beaucoup de notre sujet, une épouse fait mieux connaître à
pr ms | Ne rm
, ape
Re om eg ee
son époux l'amour qu’elle lui porte par une seule œillade, qu’elle ne le ferait par toutes les paroles qu’elle pourrait lui dire et les caresses qu'elle pourrait lui prodiguer. Ainsi, bien que cette âme éminente parlât au Père éternel quand elle le voulait, qu'elle conversât familièrement avec le Verbe son Époux et s'entretint intimement avec le Saint-Esprit, ce commerce néanmoins était si simple, qu'elle témoigne que ce « n’était pas un acte, que ce n'était « pas même un respir, mais que c'était un air dans « le centre de l'âme », par lequel, sans efforts, sans paroles, sans mouvements, mais comme par un simple signe, elle disait aux Personnes divines ce qu'elle voulait, ou plutôt ce que le Saint-Esprit dont elle était animée lui faisait dire !, »
Et il en était de même du côté de Dieu; car cette disposition divine était un commerce réciproque d'amour entre l'Époux divin et son épouse.
Mais voici un nouveau phénomène non moins merveilleux : « Il y a encore une autre disposition, ajoute notre Mère, dans laquelle je me trouve, et qui est comme une suite de celle dont j'ai parlé au précédent chapitre. Elle m'arrive le plus souvent quand je suis seule en notre chambre, au retour de quelque exercice du chœur et surtout de la sainte communion. Je pâtis une impression dans l’âme (ce n'est pas que je conçoive que ce soit une impression, mais j'use de ce terme pour
1 Dom Claude Martin, liv, Ve, ch. v addition.
seule roles
pour-
émiulait, e son sprit, qu'elle n'était r dans s, sans jar un nes ce
-Esprit
ir cette iproque
moins sition, ve, et ai parlé s sou- Dre, au surtout pression que ce me pour