‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 168 sur 258 · QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE IV

son entendement est emporté et éclairé dans les attributs divins, où il demeure si fortement attaché, qu'il n’y a rien qui l’en puisse séparer. Elle demeure dans ces illustrations sans qu’elle puisse opérer d’elle-même, mais elle reçoit et subit les opérations de Dieu, autant qu'il plait à sa bonté d'agir en elle, Après cela, elle se trouve comme une éponge toute plongée dans ce grand océan.

« L'âme, étant ainsi attachée à Dieu comme au centre de son repos et de ses plaisirs, attire facilement à soi toutes ses puissances pour les faire reposer dans l'union de son Bien-Aimé. De cet état elle passe bientôt à un silence où elle ne parle pas même à celui qui la tient captive, parce qu'il ne lui en donne ni la permission ni le pouvoir. Ensuite elle s'endort avec beaucoup de douceur et de suavité sur son sein, Ses aspirations néanmoins ne reposent point, mais plutôt elles se fortifient tandis que tout le reste se repose, et elles allument dans son cœur un feu qui semble la vouloir consumer. Elle entre ensuite dans l’inaction, et demeure comme pâmée en celui qui la possède.

« L'ensemble de ces états d’oraison, de quiétude, n'est pas si permanent dans les commencements que l’âme ne change quelquefois pour retourner sur les mystères du Fils de Dieu, ou sur les attributs divins, Mais, quelque retour qu’elle fasse, ses aspirations sont beaucoup plus relevées que par le passé, parce que les opérations divines qu’elle a subies dans sa quiétude l'ont mise dans une grande privauté IT, — 25

avec Dieu, sans travail, sans effort, sans étude, mais seulement poussée par son divin esprit. Si elle est fidèle dans la pratique des vertus que Dieu demande d'elle, elle passera outre, et entrera plus avant dans le divin commerce avec le divin Époux!. »

On sait que les mystiques reconnaissent plusieurs sortes ou espèces de contemplations passives. Mais notre Mère les réduit à trois, savoir : l’oraison de quiétude, l'oraison d'union et le mariage mystique : toutefois, dans chacun de ces états, elle distingue des dispositions particulières et des degrés divers.

Elle vient de parler, dans la citation précédente, de l’oraison de quiétude. D’après elle, c’est un état dans lequel l’âme, assurée par une douce expérience qu’elle est avec Dieu, demeure dans un parfait repos et dans une entière satiété, sans rien désirer autre chose que la présence de son Bien-Aimé et la paix qu’elle trouve en lui, comme dans son centre et l'unique objet de ses désirs.

Ce repos cependant n’est point stérile, car la douceur et la suavité qu'on y éprouve dilatent tellement le cœur, qu’il devient capable de pratiquer les plus héroïques vertus. De même, en effet, que l'âme trouve dans les consolations de l’oraison ordinaire un secours puissant qui lui facilite la pratique de ses devoirs, de même les faveurs qu’elle éprouve dans cette oraison extraordinaire de quiétude la portent à tout entreprendre pour Dieu. Rien ne saurait la rebuter en cet état, ni les plus grands

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