QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE IV
Arrivons au second, appelé oraison d'union. Voici ce qu'en dit notre Mère :
« Le second état de l’oraison surnaturelle est l'oraison d'union, dans laquelle Dieu, après avoir enivré l'âme des douceurs de l’oraison de quiétude, l’enferme dans les celliers de ses vins, pour introduire en elle la parfaite charité. En cet état, la volonté tient l'empire sur l’entendement, qui est tout étonné et tout ravi des richesses qu’il voit en elle, et il y a, ainsi qu'au précédent, divers degrés qui rendent l’âme un même esprit avec Dieu. Ce sont des touches, des paroles intérieures, des caresses, d’où naissent les extases, les ravissements, les visions intellectuelles et d’autres grâces très sublimes, qui se peuvent mieux expérimenter que dire, parce que les sens n’y ont point de part, l'âme n’y faisant que pâtir et souffrir ce que le Saint-Esprit opère en elle,»
La Mère de l’Incarnation a expérimenté plusieurs degrés ou dispositions en cet état d’oraison d’union, comme en celui de quiétude. Ceux qu’elle indique ici, on vient de le voir, sont les touches divines, les paroles intérieures, les caresses, les extases, les ravissements, les visions intellectuelles; mais il en est d'autres encore qu'elle ne nomme point. Les mystiques ont décrit ces divers phénomènes. Mais, comme il en est peu qui les aient éprouvés au même degré que notre Mère, son témoignage est très précieux à recueillir.
1 Dom Claude Martin, IVe partie, ch. x, p. 686.