‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 176 sur 258 · QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE IV

de la patrie. Qu’une telle langue existât, je l'avais toujours complètement ignoré, jusqu’à ce qu'il plût au Seigneur de m'en rendre témoin et de me le montrer dans un ravissement. Ainsi, dès l'exil, Dieu et l’âme s'entendent par cela seul qu'il veut être entendu d'elle, et ils n’ont besoin d'aucun autre artifice pour s'exprimer leur mutuel amour. Ici-bas, deux personnes d'esprit qui s'aiment beaucoup s’entendent même sans signes, seulement en se regardant. C’est apparemment ce qui se passe entre Dieu et l’âme; mais il ne nous est pas donné de voir de quelle manière ils portent l’un sur l’autre ce regard où se lit tout leur amour!. »

On remarque encore dans cet état d'oraison d'union plusieurs autres faits tout à fait extraordinaires. Le premier est l’extase, qui n’est autre chose qu’une élévation et tout ensemble une application de l’âme à Dieu ou aux vérités divines avec une certaine abstraction des sens. Cette élévation et cette abstraction sont quelquefois si fortes, qu’elles vont jusqu’au ravissement. Ces deux merveilleux phénomènes ne diffèrent que du plus au moins. Ils ont le même objet, ils viennent des mêmes principes, et ils causent l’un et l’autre une certaine abstraction dans les sens; mais l’extase n’est qu'un simple excès et une douce sortie de l’âme hors d'elle-même pour se lier à son objet, au lieu que le ravissement est un excès violent et une sortie qui se fait avec tant

1 Vie de sainte Thérèse écrile par elle-même, ch. xxvu.

d'efforts, que le corps s'élève quelquefois de terre pour suivre l’impétuosité de l'esprit !.

Pour ce qui est des visions qui se produisent dans le second état d'oraison dont nous parlons en ce moment, notre Mère a souvent parlé des visions intellectuelles et très peu des imaginaires ; car, comme elle l'a remarqué ailleurs, il était rare qu’elle en eût de cette nature, ou, si quelquefois elle en avait, ce qu’elles avaient de corporel et figuré se subtilisait aussitôt et d'imaginaire devenait intellectuel, et par conséquent beaucoup plus noble, puisque les objets y étaient représentés d’une manière plus pure et se rapprochant davantage de celle de la vision glorieuse dont jouissent les élus au ciel.

Ces visions intellectuelles, qui lui étaient si familières, sont une claire et manifeste représentation

des choses divines ou des vérités célestes que Dieu fait à l'esprit, soit par lui-même, soit par le ministère des anges, y formant une espèce surnaturelle

4 Nous ne voyons pas dans la vie de notre Mère de l'Incarnalion d'exemples de faits de ce genre. Mais ils sont assez fréquents chez les grands mystiques espagnols. Saint Pierre d’Alcantara, sainte Thérèse, saint Jean de la Croix, ont été plusieurs fois ravis ainsi en Dieu et élevés à une certaine hauteur au-dessus du sol. On montre encore au monastère de l'Incarnation d'Avila le parloir où sainte Thérèse et saint Jean de la Croix, étant un jour occupés à converser ensemble des choses du ciel, furent ravis en Dieu et élevés l’un et l'autre, pendant plusieurs heures, au-dessus du sol. Une religieuse étant rentrée au parloir à ce moment fut témoin du prodige. C'est ce qui faisait dire plus tard à sainte Thérèse : « Il faut parler de Dieu avec beaucoup de réserve au Père Jean de la Croix; car non seulement il entre en extase, mais il y fait entrer les autres. »

ON

terre

, dans en ce sions omme en eût ait, ce tilisait et par objets re et se lorieuse

si famientation ue Dieu e minisaturelle

l'Incarna- 4 fréquents

Alcantara, LH fois ravis sus du sol.

ila le parnt un jour bnt ravis en , au-dessus

oment fut rd à sainte réserve au extase, mais

Page 1