‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 180 sur 258 · QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE 1V · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE 1V

tracte par la grâce, par laquelle Dieu embrasse l'âme

des bras de sa charité, et la rend féconde en bonnes

œuvres par ses lumières et par ses inspirations. Le second se fait par la charité parfaite et consommée, où l’âme est passivement élevée à une union actuelle et continuelle à Dieu par l'entendement et par la volonté, avec des démonstrations mutuelles d'amour qui ne finissent pas, Nous disons passivement, pour montrer qu'il n'est pas possible même aux saints de s'élever d'eux-mêmes à cet état, et qu'on peut avoir une habitude parfaite de charité, autant qu'on peut l'avoir en cette vie, sans parvenir à cette union actuelle, qui constitue l'essence du mariage mystique dont nous parlons en ce moment, Le troisième mariage mystique se distingue de celui-ci en ce qu'il est accompagné d’une marque ou cérémonie particulière, soit sensible, comme quand Notre- Seigneur épousa sainte Catherine en lui mettant une bague au doigt, ou sainte Gertrude en lui en

donnant sept; soit intellectuelle, comme quand il

prit sainte Thérèse pour épouse en lui mettant un

de ses clous dans le cœur pour gage de son amour,

ou notre Mère de l’Incarnation en la prenant pour

épouse en présence du Père éternel et du Saint-

Esprit dans le ravissement sublime dont nous avons parlé.

Le mariage mystique, qui constitue le troisième état d’oraison passive, est le second de ces mariages spirituels. Ce n’est autre chose qu’un état d'union perpétuelle et consommée de l'âme avec Lieu. Après

ee dep te rar pt

avoir purifié cette âme de ses moindres souillures, l'avoir ornée de toutes les vertus et des dons les plus excellents de la grâce, Dieu semble y avoir: établi son trône ; il la possède et se laisse posséder par elle d’une manière toute divine et au milieu des joies toutes saintes qui sont le prélude de celles de l'éternité. Cette union admirable se fait par une lumière surnaturelle qui surpasse celle de la sagesse, mais qui est encore bien inférieure à celle du séjour de la gloire. Grâce à cette lumière, l’âme voit Dieu et les choses divines intuitivement et d’un simple regard, ou directement en lui-même, ou dans des espèces convenables à cet état. Cette vue de Dieu est accompagnée d’un amour actuel qui est rarement interrompu, et d’une familiarité semblable à celle de Moïse lorsqu'il parlait à Dieu face à face sur la montagne du Sinaï.

Dans ce mariage mystique, il n’y a plus d’extases ni de ravissements, ni autres opérations semblables qui lient la liberté des sens ; ou, si ces phénomènes s’y produisent encore quelquefois, ce n’est que rarement, car les divines visions qui autrefois ravissaient l'esprit y deviennent plus fréquentes et par conséquent ne ravissent plus l’âme hors d’elle-même comme auparavant. C’est ce qui lui permet d’accomplir extérieurement ce qu'elle veut et ce que Dieu demande d’elle, sans être arrêtée comme précédemment au milieu de ses travaux par des extases et ravissements subits qui lui ôtaient l'usage des sens, Elle converse, elle parle, elle écoute, elle travaille,

ON

lures , 1S les avoir :

sséder eu des les de \r une agesse; séjour 1t Dieu simple ans des de Dieu arement à celle e sur la

d'extases blables nomènes pue rares raviss et par le-même d'accomue Dieu écédemtases et des sens.

ravaille,

Page 1