‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 186 sur 258 · QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE V

aussi entière, ou, pour mieux dire, aussi claire, qu’a moment auquel pour la première fois la très nt Trinité se montre à l’âme, ou qu’elle daigne un lui renouveler cette faveur. Car, si cela était its ne pourrait ni s'occuper d'autre chose sg vivre parmi les humains. Mais bien que site vue de la très sainte Trinité ne conserve pas un si h : degré de clarté, l'âme toutes les fois qu’elle y ra se tue avec cette divine compagnie. On Ra Et qu’il en est en quelque sorte de l'âme comme es personne qui, se trouvant avec d’autres dans a appartement très clair, cesserait tout à coup de 1 voir si l’on fermait les fenêtres sans M cesser d’être certaine de leur présence. Mais il dé end de cette personne de les revoir en nr. 1 fenêtres, tandis que l’âme n'a pas un semblable pouvoir, Non, elle ne peut, au gré de ses dési ; contempler la très sainte Trinité dans la vi de intellectuelle qu’elle a eue; il faut pour ae Notre-Seigneur ouvre la fenêtre de son mo et il ne le fait que quand il veut ; c'est lui faire M assez grande grâce que de ne jamais s'éloigner dell : et de vouloir bien qu’elle en soit si assurée. » La On ne saurait mieux exposer et décrire l’état onise et permanent de notre vénérable Mère d l'Incarnation. Cet état n’était pas, il est vrai, la Le templation intellectuelle de la très sainte Trinité u le . a divin EÉpoux et ne faisant qu'un avec lui; nudis c'était une douce vue de sa présence dans le f a de son âme, qui ne subissait pas dbiséturtiie. Le

possibilité et l'explication de cet ineffable privilège se trouvent formulées dans ces paroles de sainte Thérèse : « Pourvu qu'elle soit fidèle à Dieu, jamais, à mon avis, Dieu ne manquera de lui donner cette vue intime et manifeste de sa présence. »

Dans cet état d'union et de douce vision intérieure, notre Mère ne laissait pas toutefois d’être importunée par son imagination, qui « la travaillait quelquefois (ce sont ses propres paroles) par des bagatelles qui, n'ayant point de fondement, disait-elle, s'en vont comme elles viennent! ».

« J'ai souvent, écrivait-elle encore, des distractions dans l'imagination, particulièrement quand je suis au milieu des croix intérieures ; car alors, mon âme étant toute retirée en son fond et s’entretenant avec Dieu, comme je l'ai dit, dans une grande simplicité et sans aucun sentiment, l'imagination, ne pouvant se repaître de choses spirituelles, court de côté et d'autre, rappelant divers objets pour s'entretenir. Cela m'importune beaucoup, bien que l'imagination n'ait pas la force de me détacher de l’union avec Dieu, qui emporte le dessus. Quelquefois, il est vrai, je me sentirais portée à céder un instant et à regarder ou faire attention à quelque objet dont on m'a fait le récit; mais une force intérieure me retient d'elle-même, sans que je fasse aucun effort, et me fait tout oublier pour ne plus penser qu’à Dieu seul. Me souvenant ensuite de cette attraction

1 Lettres spiriluelles. Lettre CXXXILe, à son fils.

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