QUATRIÈME PARTIE = CHAPITRE V
çait dans son amoureux respir ce mot: mon Dieu, cette souveraine Majesté lui faisait sentir qu'il était pleinement Dieu pour elle, et elle connaissait en même temps par expérience ce que Dieu est et ce qu'il fait dans sa créature. Quand elle disait: mon grand Dieu, elle ressentait avec plénitude les effets de la grandeur, de la puissance, de l'infinité, de l'immensité et de la majesté du créateur de toutes choses. Quand elle disait: ma vie, elle connaissait sensiblement et par effet que Dieu était sa vie et son être, et que sans lui elle n’était que défaillance et que néant. Quand elle disait : mon tout, toutes les créatures disparaissaient en quelque sorte à ses yeux. Et ainsi des autres expressions dont elle se servait pour parler aux trois personnes divines. Dieu se plaisait à se communiquer de la sorte lui-même à sa servante, en retour de l’abandon total qu’elle lui faisait de tout son être.
Cependant, à quelque haut degré d’oraison et d'union à Dieu qu’une âme puisse parvenir en cette terre, elle ne saurait jamais être à l'abri de toute crainte. Il y avait constamment, au fond du cœur de notre Mère, un sentiment qui s’est trouvé, du reste, toujours dans l’âme de tous les saints: c'était celui de sa faiblesse native et du péril où elle était en ce monde de perdre la grâce. « Quand je pense, écrivait-elle à son fils, que je suis pécheresse et que par le malheur de cette condition je puis tomber en tel état que je serais privée de l’amitié de Dieu, je suis humiliée au delà de ce qui se peut imaginer, et
je me sens saisie d’une crainte que ce malheur ne m'arrive. Si cette crainte était de durée, je ne pourrais ni vivre ni subsister, parce qu'elle regarde la séparation d’un Dieu d'amour et de bonté, dont j'ai reçu plus de grâces et de miséricordes qu'il n’y a de grains de sable dans la mer. Mais la confiance, par un seul regard, dissipe cette crainte, et, me détournant la vue d’un objet si funeste, me fait abandonner entre les bras de mon céleste Époux pour y prendre mon repos !. »
Cependant plusieurs sortes d'infirmités et de maladies venaient annoncer à notre vénérée Mère que l’heure de son départ de ce monde était proche. Pour moi, pouvait-elle dire avec le grand Apôtre, je suis comme une victime qui a déjà reçu l’aspersion pour être sacrifiée, et je sens que le moment de ma dissolution s'avance : Ego enim jam delibor, et tempus resolutionis meæ instat?, Ce sentiment se manifeste dans les deux lettres suivantes, écrites à son fils dans l'été de 1667. Elle avait cependant encore près de cinq ans à vivre.
« Ma disposition est bonne, et mon état présent très aimable, disait-elle dans la première, puisque la croix est le plaisir et les délices de Jésus. Je ne me puis remettre de ma longue maladie, qui a des suites très douloureuses et très pénibles, bien que la nature se soit habituée aux souffrances et familiarisée avec la douleur. Du côté de l'esprit, j’y ressens de l’attache-
1 Dom Claude Martin, ch. xiv. Lettre du 16 octobre 1668, 2 II Tim., 1v, 6.
DN
ur ne pourrde la nt Jai ya de *e, par détour- . aban- [X pour
et de e Mère | proche.
pôtre, je sperslon nt de ma r, el temse manles à son t encore
at présent puisque la Je ne me des suites , Ja nature risée avec , J’attache-