‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 200 sur 258 · QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE VI

enfants étaient toutes embrasées du feu céleste qui consumait incessamment le cœur de leur Mère.

Grands exemples ! saintes leçons qui ont contribué à former cette forte génération de femmes chrétiennes qui ont su fonder plus tard ces familles vraiment patriarcales, l'honneur et la force du Canada |

Mais son zèle et sa charité apostolique ne s’exerçaient pas seulement dans les limites de sa patrie d'adoption. Îl y avait au delà de l'Océan, sur sa chère terre de France, des âmes nombreuses qui ne cessaient d’avoir une grande part dans ses sollicitudes, Ses lettres en sont un irrécusable témoignage. Elle en expédiait, dit-on, par centaines, chaque année, au moment du départ des vaisseaux. Un grand nombre étaient très longues ; mais toutes étaient dictées par un très vif sentiment d'amour pour Dieu et le prochain. Avec quelle vénération, quel respect elles étaient reçues ! Et quels fruits sbondénts de salut et de sanctification elles produisaient dans les âmes !

Il n’en est point parmi elles de plus touchantes que celles qu’elle écrivait à son fils, devenu ici-bas, grâce à ses prières, la suprême consolation de ses dernières années, Ce cher fils, associé autrefois d’une manière si touchante à son sacrifice, n'avait cessé d'être la plus grande préoccupation de sa vie. Son cœur maternel l'avait suivi partout, et quand nous considérons ces deux saintes âmes en ces derniers temps de la vie de notre Mère, il nous est impossible

d'éloigner de notre esprit le souvenir d’une des plus ravissantes scènes des annales de l’Église,

Qui ne connaît le tableau d’Ary Scheffer, si souvent reproduit, représentant sainte Monique et saint Augustin, son fils, assis l'un et l’autre à une fenêtre donnant sur les rivages de la mer, à Ostie? La glorieuse mère porte, il est vrai, sur le visage, les traces de ses pénitences et de ses larmes; mais elle est tout inondée de lumière. Elle tient entre ses mains la main de son fils à moitié enveloppé encore dans les ombres, mais dont le front commence à s’illuminer aux pures clartés qui environnent sa mère de toutes parts. Tout respire en cette heureuse mère le triomphe et la joie d’une conquête aussi précieuse, On sent que rien ne la retient plus maintenant à la terre, et qu'elle est arrivée enfin au terme de sa longue et laborieuse vie.

Or n'est-ce point là l'image de notre Mère de l’Incarnation et de son fils Claude Martin? Ce fils, il est vrai, n’est pas le fils de tant de larmes, comme celui de l'illustre Monique. Il ne vient pas de loin, comme Augustin. Son esprit n’a pas été séduit par les mirages de l'erreur, et son cœur n'a pas été enivré par l'amour déréglé des créatures. Mais on pourrait bien l’appeler cependant le fils de tant de sollicitudes et de tant de ferventes prières ; car il a passé par bien des épreuves, il s'est vu exposé à de nombreux et bien graves périls.

Le voilà maintenant uni à sa mère par les liens de la charité divine ; et tous deux, désormais

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