QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE VI
elle avait si largement partagé autrefois la vie et les travaux pendant son veuvage. Après une assez longue série d'épreuves où la vertu de cette jeune fille avait été exposée aux plus graves périls, elle s'était réfugiée dans le monastère de Tours, encore tout embaumé des vertus de sa sainte tante, et y avait fait profession, au bout de quelques années, sous le nom de Marie de l’Incarnation, en souvenir de celle qui l'avait porté avant elle, avec tant d'éclat, dans ce même monastère.
Telles étaient les deux âmes que notre vénérée Mère présentait tous les jours à Dieu le Père, comme deux victimes sur le cœur de son divin Fils, L'une et l’autre, après avoir été longtemps le sujet de ses alarmes et de ses peines, étaient maintenant celui de ses plus douces consolations, Elle les voyait marcher à grands pas dans les voies de la perfection religieuse, et à toutes les deux, ses yeux, au moment de se fermer pour toujours aux choses d'ici-bas, pouvaient indiquer l'éternel rendez-vous où les chrétiens fidèles qui ont aimé et servi Dieu sur la terre se retrouvent pour ne plus se séparer.
’était vers cet heureux terme de son pèlerinage qu’elle ne cessait maintenant de soupirer. Sa charité pour Dieu ne faisait que croître tous les jours davantage, et achevait de consumer peu à peu ses dernières forces. Aussi ressemblait-elle à ces lampes qui brûlent devant l’autel et finissent par s’éteindre peu à peu. Nous avons parlé plusieurs fois de sa grande dévotion au sacré Cœur de Jésus; mais vers