QUATRIÈME PARTIE -: CHAPITRE VII
« La joie d'une convalescence si inespérée fut partagée par la ville entière; de toutes parts on s’empressa de venir la féliciter et de lui témoigner, par les attentions les plus délicates, la part que l'on prenait à son rétablissement. Cette convalescence parut se continuer pendant tout le carême. Le dimanche des Rameaux, elle put suivre la cérémonie; et le vendredi saint, elle eut encore assez de force pour assister à l'adoration de la croix. Mais, le soir même, elle fut obligée de déclarer à la supérieure que les deux tumeurs qu’elle avait aux côtés lui causaient des douleurs aiguës. Le chirurgien, appelé sur-le-champ, constata la présence de deux abcès qu'il fallut ouvrir. L'opération fut douloureuse; mais la seule trace de souffrance qui parut sur le visage de l’héroïque patiente fut un reflet de plus intime sérénité.
« Deux fois le jour, le chirurgien visitait la malade, pansait ses plaies, les nettoyait et souvent y appliquait le fer et le feu. Un matin, pendant une de ces cruelles opérations, elle ne put réprimer un léger frémissement; toute confuse de cette sensibilité involontaire, elle en fit une satisfaction immédiate, comme d’un scandale,
« Cependant le médecin déclarait que les plaies étaient vermeilles et en voie de guérison. Mais, le huitième jour, il se produisit une altération subite, jointe à un complet épuisement, indices certains de sa fin prochaine, On en fit part à la mourante; aussitôt ses traits s’épanouirent; une expression de
recueillement extatique se répandit sur toute sa physionomie, et son esprit parut prendre son vol vers les cieux pour n’en plus redescendre. Son regard à demi voilé resta fixé sur le crucifix qu'elle tenait entre ses mains.
« Lorsqu'on lui adressait la parole, elle répondait « avec une douceur et une affabilité angélique !, » mais en peu de mots, et sans sortir de son attitude méditative. La supérieure, qui se tenait constamment à ses côtés, rappela à son souvenir le fils qu’elle laissait dans le monde, et alors si éloigné d'elle ; elle s'informa si elle n'avait aucune recommandation à lui faire, et s'offrit à lui communiquer ses dernières volontés. En entendant prononcer le nom de son fils, elle tressaillit; un profond attendrissement se peignit sur sa figure : « Dites-lui, murmura-t-elle, « que je l'emporte avec moi dans mon cœur en « paradis, où je ne cesserai de solliciter sa parfaite « sanctification. »
« Le 29 avril, elle reçut le saint Viatique et l'Extrême-Onction, avec une parfaite présence d'’esprit, mais sans épanchement extérieur ni empressement visible, et toujours absorbée en Dieu. L'âme oubliait déjà son enveloppe mortelle, et ne communiquait plus qu'avec le monde des esprits.
« Plusieurs fois pendant les derniers quinze jours de sa maladie, elle avait demandé à voir les petites sauvages, et chaque fois elle les avait bénies avec cette effusion et cette tendresse inexprimables d’une
4 Dom Claude Martin,
ATION
toute sa son vol on regard Île tenait
répondait slique ! » ?
n attitude constamfils qu’elle né d'elle ; mandation »r ses derle nom de drissement mura-t-elle, n cœur en sa parfaite
iatique et ésence d’esi empresse- Dieu. L'âme ne commu-
quinze jours r les petites bénies avec
ables d’une