‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 226 sur 258 · DRE È RÉ · texte numérisé non relu

DRE È RÉ

crier de tous côtés: « Miracle! miracle! » Les élèves vont tour à tour adresser la parole à leur compagne, pour démontrer à leurs maîtresses qu'elle est bien réellement guérie. Déjà, en effet, son attitude et sa physionomie étaient tout autres. Elle dit que, dès le second jour de la neuvaine, un bourdonnement qu'elle éprouvait depuis si longtemps dans la tête avait cessé.

Le mercredi suivant, elle se confessa au confessionnal comme ses compagnes.

Le jeudi 30, dernier jour de la neuvaine et jour de la première communion , plusieurs religieuses, celles surtout qui avaient connu la petite infirme, se rendirent à l'externat, et toutes constatèrent une parfaite guérison.

Mr: Foley assure que, depuis quatre ans et demi, elle n'avait pu se faire comprendre de sa fille autrement que par signes. Elle ne sait à quelle cause attribuer cette infirmité. Le seul fait qu'elle ait remarqué, c'est que l'enfant s'étant fait percer les oreilles dans l’automne de 1863, elle y eut beaucoup d'inflammation. Bientôt après, on s’aperçut qu'elle perdait l’ouïe rapidement. Comme elle avait continué d'aller à l'école, on pense qu’elle aura pris du froid.

Marguerite ayant été porter aux sœurs de Charité, dont elle avait essayé de fréquenter l’école, une copie du témoignage ci-dessus, nous reçûmes en réponse la lettre suivante, à la date du 22 mai 1868.

« Ma chère et vénérée Mère,

« Je suis vraiment heureuse de pouvoir certifier que Marguerite Foley était très sourde lorsqu'elle fut admise à nos classes. Je la reçus plutôt pour faire plaisir à sa pauvre mère affligée, que dans aucun espoir de réussir à l'instruire pour sa première communion. Peu de jours après, la sœur à qui je l'avais confiée vint me dire qu’elle avait essayé en vain de se faire comprendre. Je fis donc

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NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES £a

venir M": Foley, et lui dis qu'il était inutile d'envoyer sa fille à l'école.

« Ce matin, j'ai amené l'enfant devant la sœur qui avait reconnu sa tâche impossible, et toutes deux nous sommes convaincues du miracle, ce qui me réjouit véritablement le cœur.

« Agréez, ma révérende Mère, etc.

« Sœur Sainr-BEerNar», sœur de la Charité. »

M. Louis Robin, de Saint-Roch de Québec, âgé de trente-huit ans, charpentier de navires, ayant reçu, au commencement de cette année 1868, un coup de hache à la tête, se trouva dans un état presque désespéré; le médecin jugeait la blessure extrêmement grave. Elle se cicatrisa néanmoins, mais les douleurs de tête et la débilité continuèrent; on redoutait l’aliénation mentale. Une neuvaine à la vénérable Mère de l’Incarnation fut commencée, avec application de l’eau sur le siège du mal. Le septième jour, le malade était extraordinairement mal; la famille n’en pria qu'avec plus de confiance, et ce ne fut pas en vain. La neuvaine finie, le malade se trouva en état d'aller communier à l’église. On remarqua que la cavité faite par le coup s’effaçait, cette partie du crâne revenant à sa forme primitive. Le malade se trouvait si bien rétabli, qu’il ne craignit point de se rendre à la Pointe-aux-Trembles, à huit lieues de Québec, pour reprendre son travail.

Au mois de décembre de la même année, environ cinq mois après sa guérison, époque des dernières nouvelles que l’on a eues de lui avant de clore ce récit, M. Robin n'avait pas interrompu son travail par un seul jour de maladie.

Dans les derniers jours de mai 1868, à Saint- Ambroise de la Jeune-Lorctte, trois lieues de Québec, un petit garçon âgé de six ans, le fils de M, François Garneau, souffrait depuis environ un an d’un grand mal d'yeux. Très souvent l'enfant ne voyait pas assez pour manger et se conduire. M! Marie Lagacé, institutrice de l'endroit, ayant proposé une neuvaine à notre vénérable Mère, on la commença avec foi et confiance. Tous les enfants de l'école y prirent part. Une goutte d'eau du tombeau ayant été appliquée le premier jour sur les yeux de l'enfant, il y eut un soulagement si sensible, que les parents en furent tout surpris. Le troisième jour, le petit malade avait les yeux dans un état parfait,

28 décembre 1868. M. Charles Dumontier, venu aujoure d'hui à notre parloir, a certifié les détails suivants touchant la guérison de son enfant.

Émilie Dumontier, âgée de quatre ans, s'était déplacé

un os du talon droit en sautant d'une chaise. Pendant quatre mois elle marcha plus ou moins, mais toujours péniblement. Au commencement de novembre 1866, elle fut arrêtée complètement. Il se déclara, au côté du talon, une plaie qui se creusa jusqu'à laisser voir les os. L'ouverture en était de la grandeur d'une pièce de trente sous. Du sang, des matières purulentes, de l'eau rousse, en sortaient avec abondance. L'enfant était devenue une véritable martyre par la vivacité de ses souffrances.

La famille résidait alors à Ottawa. Cinq médecins; appelés en consultation, voulurent faire l'amputation du pied; mais les parents ne purent y consentir.

Dans l'automne de 1866, ils vinrent demeurer à Québec} la petite malade continua à souffrir tout l'hiver et l'été qui suivirent. Au mois d'août 1868, elle se traînait encore sur ses genoux. Ce fut alors seulement que les parents,

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ayant appris les faveurs obtenues par le recours à l'intercession de la Mère de l'Incarnation, se sentirent pressés de lui recommander leur enfant, et demandèrent de l'eau miraculeuse, Une première neuvaine n'eut aucun résultat sensible, Une seconde fut recommencée avec un redoublement de ferveur; on faisait la prière matin et soir, avec application de l’eau sur la plaie. A la grande joie de tous, on remarqua que la suppuration avait cessé. Puis, pendant une troisième neuvaine, la plaie se cicatrisa entièrement, et l'enfant marcha. La cavité qui existe encore au talon atteste la gravité du mal.

Il n'est pas inutile de dire que, dès la première neuvaine, on avait mis de côté toute espèce d'onguents et de remèdes.

Ile aux Grues, douze lieues de Québec. Célina Painchaud, âgée d'environ quatre ans, enfant de M. Eugène Painchaud, n'avait pas encore marché, et, suivant l'opinion du médecin, cette débilité des jambes devait être longue, ainsi qu'il en avait été pour sa sœur aînée. Pendant une neuvaine à la vénérable Mère Marie de l’Incarnation, avec application de l’eau miraculeuse, l'enfant commença à marcher; elle ne tarda pas à le faire parfaitement, et elle a toujours continué depuis.

Ce témoignage rendu en septembre 1868, plusieurs semaines après la guérison, a été confirmé par écrit au mois de décembre suivant.

11 janvier 1869. Joséphine Trudel, âgée de trois ans et demi, enfant de M. Antoine Trudel, de Saint-Sauveur, à Québec, avait des humeurs au bras, à la jambe et surtout au pied droit. La moitié du pied était dans un état pitoyable, l'inflammation s'étendant à la jambe jusqu'au

44h HISTOIRE DE LA MÈRE MARIE DE L'INCARNATION

genou. Depuis trois semaines l'enfant n'avait pas fermé l'œil par suite de ses grandes et continuelles souffrances. La plaie était de mauvaise apparence, et le mal allait toujours croissant. On eut alors recours à l'eau miraculeuse. Dès la première application qui en fut faite, la plaie changea d'aspect; au bout de quelques jours l'enfant marchait. Six jours après la fin de la neuvaine, le père rendait ce témoignage et affirmait que l'enfant était très bien.

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20 mars 1869. M: veuve Félix Richard, du faubourg Saint-Louis, à Québec, venue au parloir des Ursulines, dit que sa petite fille Alesima, âgée de trois ans, souffrait beaucoup d'un mal d’yeux, lorsqu'on s'aperçut qu'une taie traversait perpendiculairement un œil. Les remèdes ayant été inutiles, on eut recours à l’eau du tombeau. Dès la première application, l'enfant éprouva un mieux sensible; les douleurs disparurent promptement, et, à la fin de la neuvaine, l'œil était parfaitement clair.

29 mars 1869. M"° Joseph Chamberland dit que son mari (journalier au faubourg Saint-Jean à Québec), souffrait depuis huit ans au moins d’une oppression et d'une toux qui le mettait souvent hors d'état de vaquer à ses travaux. Depuis un an il était beaucoup plus mal. Il avait dû cesser entièrement son travail; il passait des nuits cruelles, toussait sans répit, ce qui le réduisait à un état de prostration complète. Il en était là, au commencement de février dernier, lorsqu'on eut la pensée de recourir à la vénérable Mère Marie de l'Incarnation, en faisant usage de l’eau miraculeuse. Le premier jour de la neuvaine, il prit une goutte de cette eau le soir. Il dormit paisiblement toute celte nuit, et, à partir de ce moment,

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son état se trouva complètement changé. Les forces lui reviennent, et il a pu reprendre son travail, qu'il n'a pas discontinué depuis. Il est âgé de quarante-cinq ans.

12 avril 1869. Aujourd'hui M": Jean Brisson, demeurant au Foulon, à Québec, a amené au parloir son petit garçon Jacques, âgé de onze ans, attribuant à la Mère de l'Incarnation son retour à la santé. Sur la fin de mai, l'année dernière, cet enfant était tombé d’un quai. A la suite de cet accident, il éprouva des étouffements dont les remèdes parurent d'abord le soulager; mais il ne fut pas guéri. Loin de là, les jointures se gonflèrent par tout le corps. Aux poignets, aux chevilles des pieds se déclarérent des plaies. L'enfant souffrait extraordinairement ; il avait entièrement perdu l'appétit et maigrissait à vue d'œil. Un médecin très habile l'avait déclaré incurable. Environ un mois après l'accident, sa mère, ayant entendu parler des guérisons obtenues par la Mère de l'Incarnation, se procura de l’eau miraculeuse et commença une neuvaine. Dès la première application de l'eau, les douleurs s'évanouirent, les plaies cessèrent de suppurer, puis elles se cicatrisèrent à vue d'œil. L'appétit était revenu; les forces et l'embonpoint revinrent également. « Enfin, dit la mère, l'enfant est mieux qu'il n’était auparavant. »

Les cavités et les cicatrices qui se voient aux poignets de l'enfant attestent la vérité de la déposition ci-dessus.

18 avril 1869, Me J.-B. Marois, du faubourg Saint- Jean à Québec, déclare qu'elle attribue entièrement à la Mère de l’Incarnation le bon état de sa vue. Cette dame, qui est âgée de soixante ans, avait toujours eu la vue très faible. (Un de ses frères est devenu tout à fait aveugle, il

y a plus de quinze ans.) Depuis cinq ou six mois, l'in flammation était devenue extrêmement douloureuse, et la malade ne pouvait plus s'occuper de travail manuel, lorsqu'elle eut la pensée de s'adresser à la vénérable Mère. Dès la première application de l'eau, elle éprouva un soulagement marqué. Vers le milieu de la neuvaine, elle était très bien. Cette guérison avait eu lieu dans l'été de 1868, vers le mois de juillet. M"° Marois a toujours été bien depuis. Les accidents qui avaient coutume de lui affecter la vue ne l'incommodent en aucune manière,

29 avril 1869. Aujourd'hui, veille de l'anniversaire de la mort de notre chère et sainte Mère Marie de l'Incarnation, nous avons appris une guérison remarquable, arrivée à Vaudreuil, à soixante - quinze lieues de Québec, dans les premières semaines de ce même mois. Cette guérison a eu lieu dans la personne de M. Joseph-Guiljaume Meloche, employé au télégraphe sur la ligne de Montréal. Il y avait plus de dix mois que ce jeune homme (il est âgé de vingt-quatre ans) souffrait d’un mal d'yeux extraordinaire dont nul remède n’avait pu le soulager. Il ne pouvait vaquer à aucune occupation. L'inflammation était parfois excessive; les yeux étaient dans un état affreux. Le malade avait été soigné par un oculiste remarquable, mais sans résultat. Il avait ainsi dépensé plus de cent soixante piastres (plus de huit cents francs), lorsque son frère, M. Antoine Meloche, qui se trouvait à Québec, vint demander de l’eau miraculeuse, Ç'était le 1° avril. Il expédia cette eau à Montréal, avec les prières et une image de la sainte Mère. La neuvaine devait commencer le mardi suivant. Ce même jour, M. Antoine Meloche recevait une lettre qui lui annonçait que son frère était toujours dans un plus triste état. Il lui répondit en l’en-

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Témoignage de M. le docteur M.-D.-S, Martel, t chant la guérison de Ben'amin L..…, arrivée pe en mars 1869. : : nu:

‘ ° Dans le A8 de Benjamin L..., cas de hernie inguinale

franglée; médicalement parlant, le patient devait mourir

« Appelé une première fois, je pus réduire la her le: mais cette réduction ne fut pas de longue durée. Le vu même, la hernie s'étrangla de sauvau et le oh atteint de douleurs plus fortes que la hemiäie fois Con ne il faisait une véritable tempête d'hiver, aoconepnÉs is nl a 4 Cr rt on n'osa pas 0 mettre

| pe re e chercher. Le patient souffrit toute la nuit horriblement. Vers le matin seulement 1 douleurs se calmèrent, et le malade, ignorant sa a véritable, s'écria tout joyeux qu'il était guéri. C'était ; + tement au moment où la gangrène ooitançait no 9 de destruction et où la mort était plus broohoiné Des ne Malgré cette prétendue guérison, le malade chan ai à vue d'œil, et, vers les neuf heures du mai à Le prudent de venir chez moi. sir ré

« Après un court exposé de l’état du patient, redoutant avec trop juste raison ce mieux subit, je partis immédiatement, me dirigeant en toute hâte vers sa demeure. Le malheureux, qui n'avait plus conscience de sa position, se croyait mieux; mais tous les symptômes précurseurs de la mort se déroulèrent en un instant devant mes yeux : le malade n'avait plus de pouls, sinon parfois un pouls intermittent; ses yeux étaient hagards, sa figure inquiète et exaspérée, sa langue sèche et couverte d'un enduit brun foncé. Il y avait tympanite, vomissements de matières fécales, froideur des extrémités, sueurs froides et abondantes, etc.

« Il était trop tard pour tenter une opération, le débridement de la hernie. Néanmoins je passai quatre à cinq heures auprès du malade, espérant en vain quelque changement. Voyant que la médecine était impuissante, je fis appeler le prêtre et lui remis mon patient, lui disant que tout était fini; puis je m’acheminai vers ma demeure, Ma femmr me demanda aussitôt des nouvelles du pauvre Benjamin. Je lui répondis que c'en était fait, qu'il allait mourir. Ma femme me proposa alors une neuvaine en l'honneur de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation, pour obtenir la guérison du pauvre malheureux. Je m'y associai de grand cœur, et nous la commençâmes le soir même.

« Le lendemain, il y avait chez le malade une ouverture dans les parois de l'abdomen : c'était un anus artificiel qui donnait passage à des matières excrémentielles abondantes. Les autres symptômes n'étaient point changés ; le vomissement et le hoquet paraissaient l'exaspérer. Le troisième jour, il y avait un peu de mieux; le quatrième, l'anus artificiel avait presque entièrement disparu. Il y eut alors disparition des symptômes alarmants. Les jours suivants le mieux devient de plus en plus sensible, et à la fin de la neuvaine mon patient était en parfaite convalescence.

« C'était au mois de mars 1869; et, au mois de mai sui-

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vant, Benjamin L... travaillait avec son père à faire les semailles. Depuis ce temps, il a toujours joui d'une bonne santé ; il est parfaitement guéri de sa hernie.

« Tel est le résumé du cas de maladie que j'ai eu à traiter moi-même, et dont j'attribue la guérison à la vénérable Mère Marie de l'Incarnation.

« M.-D.-S. ManTeL, docteur en médecine.

« Chambly, 30 janvier 1871. »

9 mai 1873. Aujourd'hui M'° Élisabeth Mac-Donald a confirmé de vive voix, comme en ayant été témoin oculaire, la guérison de M®° Duncan Mac-Rac, arrivée à Saint-Raphaël, comté de Glengarcy, Haut-Canada (plus de cent lieues de Québec), au printemps de 1869.

Cette dame, âgée d'environ quarante ans, était depuis longtemps malade; mais les trois dernières années, elle avait été comme clouée à son lit de douleurs par une complication de maux, dont le principal était la maladie de l’épine dorsale. La pauvre infirme ne pouvait s’aider en rien et souffrait extrêmement. Elle était abandonnée des médecins et avait reçu les derniers sacrements, quand on écrivit pour demander une neuvaine à la vénérable Mère Marie de l'Incarnation, en disant qu'un miracle seul pouvait la sauver. Bon nombre de familles de l'endroit s'unirent à la neuvaine, et la malade fit usage de l’eau du tombeau. La grâce sollicitée fut complète. A partir de cette neuvaine, M®° Mac-Rac s'est toujours bien portée, assistant régulièrement aux offices de l'Eglise et vaquar : à tous les travaux domestiques. Le village entier en est dans l'admiration et dit hautement que Dieu seul a pu | opérer ce prodige.

7 janvier 1870. M'e Félicité Motte, venue à notre parloir, dit que sa petite nièce, Emma Motte, âgée de douze ans, souffrait depuis un an d’un mal extraordinaire à un doigt ; le médecin n'avait pu y apporter aucun remède efficace. On commença une neuvaine à notre vénérable Mère, avec application de l’eau. Un matin, durant la neuvaine, l'enfant se lève en criant qu'elle est guérie, et elle l'était en effet. Cette guérison a eu lieu l’année dernière au Cap-Santé (douze lieues de Québec). C'est le propre père de l'enfant qui en a donné les détails à M1 F, Motte.

10 janvier 1870. Clément Chaillé, du Cap-Santé, venu à notre grille, déclare que sa mère, M"° Urbain Chaillé, avec qui il demeure, et qui est âgée de soixante-treize ans, souffrait depuis plus de douze ans d'une tumeur au nez qu'aucun remède n'avait pu guérir, et que l'on regardait comme dégénérée en chancre, quand, vers le mois d'août 1869, on commença une neuvaine avec application de l’eau du tombeau. Le mal disparut pendant cette neuvaine.

10 mai 1870. Aujourd'hui le sieur Thomas Dooley, fermier à Sainte-Agathe de Lotbinière (cinq lieues de Québec), est venu témoigner de sa guérison et remercier des prières faites pour lui. Il y avait six ans qu'il s'était trouvé atteint d'un rhumatisme inflammatoire, et aucun traitement n'avait pu le guérir. Il avait même passé six semaines à l'Hôtel-Dieu de Québec, où plusieurs médecins habiles l'avaient soigné sans résultat. On lui conseilla d'aller séjourner dans le sud; il en revint aussi souffrant et aussi incapable de travailler qu'auparavant. Vers le milieu du mois de mars dernier, il commença une neuvaine à la vénérable Mère Marie de l'Incarnation, avec application

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9 mai 1873. M'e Hélène Pelletier, demeurant au faubourg Saint-Jean, à Québec, ayant demandé de l'eau miraculeuse, déclare que sa sœur Joséphine, âgée de onze ans, résidant à Sainte-Hélène de Kamouraka, a été guérie d’une surdité très considérable qui durait depuis deux ans et à laquelle la médecine n'avait pu remédier. Depuis la neuvaine faite en juillet dernier à la vénérable Mère de l’Incarnation, la jeune fille entend parfaitement.

Ce n’est pas seulement dans le nouveau monde que la vénérable Mère a fait sentir son crédit auprès de Dieu : partout où on l’a invoquée, elle a donné des marques de | sa protection, Nous ne citerons que quelques faits.

La supérieure des Ursulines de l'Arbresle (Rhône) nous écrivait, le 20 septembre 1867 : « Je ne puis résister au désir de vous faire connaître l'entière et prompte guérison d'une de mes religieuses, qui vient de recouvrer la santé par l'entremise de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation. Cette chère sœur était atteinte, depuis plusieurs années, d'une violente douleur au cœur et d’une toux opiniâtre qui l'avaient réduite à un tel point de faiblesse et de maigreur, que nous appréhendions pour ses jours. Elle était habituellement accablée d’une tristesse et d’un abattement qui lui paraissaient insurmontables. Le médecin avait peu d'espoir, et les remèdes étaient sans effet. Je m'adressai alors avec confiancé à notre future bienheu-

reuse : le dimanche de la sainte Trinité, je commençai en son honneur une neuvaine à l'insu de la malade. Quelques heures s'étaient à peine écoulées, que nous fûmes surprises du changement qui venait de s’opérer. La malade, sentant diminuer son mal, dit à l'infirmière qu'assurément on avait prié pour elle. Avant la fin de la neuvaine, les souffrances physiques et morales avaient entièrement disparu. Aujourd’hui sa santé est parfaite. »

« Ursulines de Mons (Belgique), 27 mai 1869.

$ « C’est pour accomplir une promesse faite à la vénérée

Mère Marie de l’Incarnation que je viens vous faire part d'une guérison tout à fait inattendue, que cette bonne Mère nous a obtenue dans le mois d'août dernier. Notre digne et bien-aimée supérieure était atteinte d'une inflammation d'’entrailles tellement violente, qu'aucun remède ne pouvait y apporter de soulagement. Le mal allait toujours en augmentant; le médecin n'avait plus d'espoir, lorsque Dieu inspira à une religieuse de la communauté l'heureuse idée de faire avaler à la malade une parcelle d’une lettre autographe de Marie de l'Incarnation, ce qu'elle fit à deux reprises différentes, promettant de vous faire connaître la guérison si elle était obtenue. Dès lors un mieux sensible s’opéra chez la malade, qui, malgré son grand âge (soixantedix-neuf ans), est maintenant au milieu de nous édifiant la communauté par ses exemples de vertus. »

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« Ursulines de Quimperlé (Finistère), 16 mars 1870.

« Au commencement de février, une de ras élèves, âgée de douze ans, fut atteinte d’un rhumatisme général; le mal augmenta et nous donna de l'inquiétude pour la vie de cette jeune fille. La famille ayant été instruite du triste état de Louise, le père accourut promptement , laissant sa

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mençai en . Quelques fûmes sura malade, assurément uvaine, les rement dis-

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à la vénérée us faire part cette bonne rnier. Notre d'une inflaman remède ne lait toujours spoir, lorsque uté l'heureuse e d'une lettre elle fit à deux e connaître la ‘eux sensible âge (soixantenous édifiant

mars 1870.

e nos élèves, tisme général ; de pour la vie truite du triste ent , laissant sa

femme malade d'une fluxion de poitrine. Son aflliction était extrême : il était menacé de perdre à la fois et sa femme et son unique enfant.

« Le 12 février, nous crûmes qu'il faudrait administrer notre pauvre petite ; mais notre révérende Mère supérieure eut la pensée de commencer une neuvaine à notre sainte Mère du Canada. Le jour même le mieux se fit sentir ; la malade est maintenant rétablie ; elle est allée passer quelque temps dans sa famille pour achever de se remettre.

« Une de nos grandes élèves avait, depuis quinze jours, une fièvre muqueuse sans gravité; vendredi, son état devint plus alarmant, et nous avons encore eu recours à notre Mère de l’Incarnation au moyen d'une neuvaine, Depuis, les vomissements ont complètement cessé, et notre chère malade est en pleine voie de guérison, »

« Carhaix (Finistère), 30 avril 1870.

« Notre dévotion pour notre vénérable Mère Marie de l'Incarnation s’accroit de toute la reconnaissance dont nos cœurs sont remplis pour les faveurs dont elle ne cesse de nous combler. Sans parler de l'augmentation considérable du nombre de nos enfants, que nous croyons lui devoir, voici un fait que je veux vous faire connaître :

« Une charmante jeune fille de quatorze ans fut atteinte, dans les premiers jours de ce mois, d'une maladie qui nous . inspirait une véritable épouvante, à cause des cris que lui arrachaient ses cruelles douleurs. Dans le jour, on voyait des religieuses fuir, les unes d’un côté, les autres de l’autre, pour ne pas entendre les hurlements de la pauvre enfant; mais la nuit on ne pouvait les éviter, car il avait fallu transpbrter la malade à l'infirmerie des religieuses. Le 5 courant, je dis à notre chère enfant, en lui donnant le portrait de notre bien-aimée Mère Marie de l'Incarnation : « Recommandez-vous à cette bonne Mère, nous

« allons commencer une neuvaine pour vous ce soir. =- A la condition, dit la malade, que je sois guérie demain matin à six heures. Ah! je ne puis plus tant souffrir! Résignez-vous, mon enfant, et patientez jusqu'à la fin de la neuvaine, si telle est la volonté de Dieu, — Non,

« demain à six heures, il faut que je sois guérie. »

« Nous commençons la neuvaine le soir. Pendant la nuit les douleurs furent atroces. A partir de minuit, l’enfant ne cessa de crier qu'elle allait mourir. Nous étions trois religieuses près d'elle, épuisant toutes les prières, tous les raisonnements pour la faire consentir à essayer un remède : « J'aime mieux mourir, » répondait-elle. A cinq heures, les maîtresses vinrent la voir et s'en allérent avec une profonde tristesse dans le cœur.

« Six heures sonnent à la communauté : ô prodige! la pauvre petite se sent guérie ; elle fait des mouvements, sa figure change d'expression, ses yeux redeviennent clairs et animés. Elle couvre de baisers le portrait de la Mère Marie de l’Incarnation. « C’est elle qui m'a guérie, » ré-

pète-t-elle à toutes les personnes qui entrent dans sa chambre, et elle montre le portrait avec bonheur. Elle voulait se lever à l'instant et reprendre les exercices de ses compagnes. Quand elle vit entrer le docteur, elle lui cria de loin : « La voyez-vous, Monsieur? c’est elle qui m'a « guérie, et juste à l'heure que je le lui avais demandé! »

Nous terminerons par le récit d'une guérison obtenue aux Ursulines de Blois, le 2 avril 1873. La religieuse en faveur de laquelle elle fut opérée se trouvait dans un état tel, que l’on attendait sa mort à bref délai. Elle n'avait pas prononcé une parole à voix ordinaire depuis seize mois, et il y avait six ou sept semaines au moins que, ne pouvant pas même se faire entendre à voix basse, elle se eon:

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— Non,

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prodige! la rements, sa nent clairs de la Mère uérie, » rébnt dans sa heur. Elle xercices de ur, elle lui elle qui m'a demandé! »

on obtenue eligieuse en ans un état n'avait pas geize mois ; e, ne pou:

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fessait par écrit. Sa maigreur était extrême; elle souffrait continuellement d'une douleur au côté, outre une grosseur sensible et douloureuse qu'elle avait à la gorge.

Il y avait bientôt deux mois que l'on ne faisait plus aucun remède, le médecin ayant déclaré que tous seraient inutiles , lorsque nous proposâmes de faire une neuvaine à la Mère Marie de l'Incarnation, aux conditions suivantes : 1° que la malade porterait à son cou, pendant toute la durée de la neuvaine, la relique de la vénérable Mère; 2° que, si elle était guérie, elle ferait son portrait à l'huile (sœur Saint-Dominique est maîtresse de peinture et de dessin), et que ce portrait serait mis dans le vestibule du tour de la communauté. La supérieure dit qu’elle acceptait ces conditions, et sœur Saint-Dominique donna son assentiment par une inclination de tête.

Voici maintenant comment elle raconte elle-même sa guérison :

« Monastère des Ursulines de Blois, 20 avril 1873,

« Le 4 décembre 1871, à la suite d’un rhume de poitrine, je perdis complètement la voix; j'étais sujette à ces extinctions, qui revenaient plusieurs fois chaque hiver depuis plus de dix ans; rien donc ne semblait d'abord inquiétant. Mais j'éprouvai bientôt une fatigue plus grande que celle qui avait jusqu'alors accompagné ces fréquentes aphonies, et, durant tout le mois de décembre, la toux fut presque continuelle pendant la nuit. On essaya divers calmants, qui firent céder la toux, mais n’exercérent aucune influence sur la voix, et dès lors j'éprouvai tant de peine à parler, que j'eus la crainte d’être tout à fait privée de la parole. A la fin de mars, on tenta une cautérisation, qui dans. d'autres circonstances avait réussi à ramener la voix; cette fois, ce fut inutilement. Les injections d’alun dissous dans de l’eau très chaude n'eurent pas plus de suecès,

« On espéra que des douches par un temps très froid rendraient au larynx sa sonorité; il n’en fut rien. On dit qu'il fallait attendre la saison chaude, et je suivis jusquelà un régime fortifiant. Les chaleurs venues n'apportèrent aucun changement. Je sentais qu'au contraire mes souffrances augmentaient. J'étais facilement oppressée, et l'appétit me faisait complètement défaut.

« Au commencement de l'été, on avait appliqué successivement deux vésicatoires de chaque côté du larynx, et déjà on craignait pour cet organe une paralysie, laquelle parut inévitable après l'inutilité des vésicatoires.

« Dans le courant du mois d'août un second médecin désira une nouvelle application de vésicatoires, couvrant cette fois tout le devant du cou. On en mit ainsi deux à dix jours d'intervalle; puis il fallut s'arrêter à cause de l'état dans lequel me mettait ce traitement, qui produisait, avec la fièvre, un accroissement de faiblesse et de longues insomnies. Ce fut alors que le médecin voulut en venir à un traitement plus énergique, qui lui donnait de l’espérance, mais dont l'insuccès serait la preuve qu'il n’y avait plus à compter sur le retour de la voix. En ce cas, les efforts devraient se borner à localiser le mal. Il appliqua donc deux cautères, qu'il fallut entretenir pendant deux mois, et qui. n'amenèrent aucun soulagement. Tous ces soins étaient accompagnés de fumigations de goudron, renouvelées trois fois chaque jour, avec d'autres médicaments que l'on croyait devoir exercer sur l'organe malade une influence salutaire. Tout fut inutile, et je sentais que mon état empirait. Parfois c'était à peine si je pouvais me soutenir. [Il me semblait impossible qu'un tel état pût durer longtemps, surtout lorsqu'au mois de janvier de cette année je ressentais un si grand épuisement, que je dus faire usage du crayon et de l’ardoise pour exprimer mes pensées, puis me confesser uniquement par écrit.

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une neuvaine à la Mère Marie de l'Incarnation. Cette pensée me souriait peu; je ne me sentais aucune dévotion spéciale à cette sainte religieuse. Je fis donc quelques difficultés; mais pourtant je m'unis par obéissance à cette neuvaine, qui commença le 16 mars. Peu à peu cependant la confiance se fit sentir; pensant à la relique que je portais sur moi, je finis par être persuadée que la sainte Ursuline du Canada ferait quelque chose en ma faveur. Puis tout espoir s'évanouit quand je vis que, le 24 mars, jour de la clôture de la neuvaine, le seul changement opéré était une augmentation de souffrance et une faiblesse générale. Du reste, j'avais tant supplié Notre-Seigneur, tout en désirant beaucoup ma guérison, de ne me la pas accorder s’il prévoyait que je dusse en abuser et me servir de ma voix pour l'offenser tant soit peu, que je me regardais désormais comme certaine de la volonté de Dieu à mon égard. Je crus donc qu'il était inutile de continuer des prières auxquelles Dieu ne refusait de se rendre que par miséricorde.

« Cependant notre bonne Mère supérieure et M. l'aumônier étaient résolus d’insister auprès de la Mère Marie de l’Incarnation jusqu'à ce qu'elle eût donné à la communauté un gage certain de son crédit auprès de Dieu, et le lendemain, 25 mars, on commençait une seconde neuvaine. On priait malgré moi en quelque sorte, et si je m'unis à cette seconde neuvaine, ce fut uniquement par obéissance et par un sentiment profond de reconnaissance pour la charité dont on me donnait tant de preuves. Je demeurais d’ailleurs convaincue que nous n'obtiendrions rien, et je ne demandais plus moi-même au bon Dieu que de faire tourner tant de prières au profit de mon âme.

« Telles étaient mes dispositions lorsque, le 2 avril à six heures du matin, commençant à prier, je voulus, ainsi que j'en avais l'habitude, juger de l'état de ma pauvre voix, et j'essayai de parler en faisant sur moi le signe de

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