PS A
la croix. Quelle est alors ma surprise quand je m'entends articuler hautement les mots : Au nom du...! Ma voix s’éteignit alors; mais je fus si frappée de ces premiers sons, que, me rappelant seulement alors que ce jour était le dernier de la seconde neuvaine, je ne doutai plus que la Mère Marie de l'Incarnation se fût occupée de moi. Immédiatement j'essaye un second signe de croix, mais cette fois avec une ferme confiance : Au nom du Père et du Fils. Ce fut encore tout ce que je pus dire. Mais ce progrès doublait ma confiance, et j'étais convaincue que la sainte Trinité ferait le reste. En effet je fais mon signe de croix tout entier à haute voix, et je continue ma prière sur le même ton sans faire aucun effort ni éprouver de fatigue. Je compris que j'étais guérie, et, pleine d'émotion, je baise à genoux la relique de la vénérahie Mère, qui se vengeait de mon peu de confiance par un prodige de bonté.
« Depuis, je continue à parler sans fatigue. Je n'ai éprouvé dans cette journée de ma guérison qu'un bourdonnement extraordinaire dans les oreilles, qui ne s’est reproduit ensuite que le dernier jour de la neuvaine d’action de grâces. Je sens d’ailleurs un changement réel dans l'ensemble de ma santé; la douleur de côté que j'avais habituellement et la grosseur à la gorge, qualifiée par le médecin de gonflement d’un anneau du larynx, ont entièrement disparu. Je n'ai plus ressenti de temps en temps qu'une légère oppression, que j'attribue à la faiblesse qui m'est restée, quoique incomparablement moins grande qu'auparavant. »
Cette déclaration, écrite trois semaines après la guérison, est maintenue dans son intégrité au moment d'être mise sous presse, 21 juillet 1873,