FAVEURS D'UN AUTRE GENRE
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naître, nous écrivait la révérende Mère supérieure des Ursulines de Québec, il est à notre connaissance, et nous pouvonsle dire, que des ménages brouillés ont été ramenés à la concorde par suite de prières à notre vénérable Mère,
t sue des pécheurs endurcis ont été réconciliés avec Dieu. Bien souvent nous avons entendu dire, à ceux qui n'avaient pas obtenu la guérison objet de leurs vœux, que la vénérable Mère leur avait obtenu des grâces incomparablement plus précieuses. »
Une paroisse allait très mal au point de vue religieux ; une institutrice se mit en devoir d'y établir la dévotion à la Mère de l'Incarnation, répandant dans les deux langues (le français et l'anglais) les prières aux Cœurs de Jésus et de Marie dont nous avons si souvent parlé ; elle demandait à la sainte Mère de guérir les corps, afin de pouvoir par ce moyen atteindre et guérir les âmes. Sa prière fut exaucée; quelques guérisons obtenues ramenèrent à Dieu des familles entières ; des protestants même furent frappés de ce qui se passait sous leurs yeux. Le missionnaire qui administrait cette localité dit publiquement en chaire que depuis que la dévotion à la Mère de l'Incarnation était entrée dans l'endroit, il s’y était fait un changement admirable.
Nous connaissons aussi des personnes qui, s'étant adressées à la Mère de l’Incarnation dans de grands embarras d'affaires temporelles, ont obtenu des résultats tels, que l'on est comme forcé d'y reconnaître une intervention céleste.
Nous savons en particulier une famille dont la confiance en cette sainte Mère était illimitée. Avait-on besoin d'argent, fallait-il négocier quelque acquisition importante, on en référait à celle qui avait su traiter tant d'affaires
épineuses sans jamais porter atteinte aux grands intérêts de son âme. Tout était remis entre ses mains; c'était la Mère de l’Incarnation qui négociait tout, tantôt avec saint Joseph, tantôt avec la sainte Vierge, tantôt par des suffrages offerts pour les âmes du purgatoire. Quelques personnes qui d'abord avaient voulu s'amuser de cette confiance naïve finirent par la partager, en voyant les heureux fruits qui en résultaient.
Nous savons encore que des personnes qui portent l'image ou quelque relique de la sainte Mère ont eu plusieurs fois lieu de s’en féliciter. Un employé d'une certaine administration avait à remplir une mission difficile, ceux avec qui il avait à traiter ayant juré sa mort. Il se munit d'une image de celle en qui il met sa confiance, sûr qu'avec cela il n'éprouvera pas de malheur. Il part donc avec confiance ; mais à peine a-t-il paru, qu'on s'ameute contre lui; il est renversé par terre et horriblement traité. On le croyait mort sous les coups. Lui-même dit qu'il lui semblait que chaque coup était de nature à lui ôter la vie.
Cependant il invoquait toujours sa sainte protectrice. Enfin ses agresseurs le laissent, pensant en avoir fini avec lui, Mais grande fut ensuite la surprise lorsque, après qu'il se fut un peu reposé, on le vit s'en retourner chez lui en aussi bon état de forces et de santé qu'avant de recevoir ces affreux traitements.
Une jeune personne qui dirigeait une école composée d'enfants des deux sexes se trouvait en butte à des difficultés de tout genre; elle mettait tout entre les mains de la Mère de l’Incarnation, et elle s'en trouvait bien. Tracasseries du côté des parents, mutineries de la part des grands garçons de seize à dix-sept ans, embarras de problèmes qui étaient au-dessus de sa capacité, tout cela arri-
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NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES wi
vait toujours à une heureuse solution. Elle était si habituée à cette bienveillante assistance , qu'elle s'y reposait entièrement. Nous n'en citerons qu'un exemple. Un de ses grands écoliers lui demande un jour la solution d’un problème d'arithmétique très difficile. Cette solution devait être donnée le lendemain matin. Or la pauvre maîtresse, qui d’ailleurs n'avait qu'une médiocre aptitude pour l'arithmétique, n'avait jamais vu les règles sur lesquelles reposait l'explication qu’elle avait à donner, et nulle ouverture ne se faisait à ce sujet dans son esprit. Elle a recours à son refuge ordinaire ; elle représente à la Mère de l'Incarnation que si elle ne lui vient en aide, elle va perdre son crédit et se trouver dans l’impossibilité de faire autant de bien à ses élèves. Il s'agit de son œuvre, de l'éducation des enfants... Là-dessus elle prend son repos comme d'ordinaire, sûre que d'une manière ou de l'autre la difficulté s’aplanira. Le matin, à son réveil, — par quel prodige, elle ne le sait, — mais le problème est aussi clairement résolu dans son esprit que si elle le voyait chiffré devant elle. Prenant une ardoise et un crayon, elle en écrit la formule avec autant de facilité que si elle eût eu simplement à copier une solution donnée par un habile mathématicien.
Bien des fois, après avoir demandé des neuvaines à la sainte Mère pour des pécheurs endurcis qui, même à l’article de la mort, refusaient de revenir à Dieu, ou pour des personnes adonnées au vice de l'ivrognerie, on est venu au monastère remercier la communauté, en disant que la conversion avait été complète. Parmi ces miracles dans l’ordre moral, nous en citerons un qui a eu lieu il y a quelques années, et dont on nous garantit tous les détails.
Un homme de bonne condition, s'étant irriié contre une de ses parentes, protesta qu'il ne mettrait jamais le pied chez elle. Cependant cette parente, qui était veuve, était tombée dans la plus profonde misère et ne savait que
devenir. Malade, exténuée et privée de toute ressource, elle fut recueillie dans un hôpital. Elle y avait été cinq mois sans que son parent voulût revenir de ses sentiments d'aversion. En vain les sœurs de la Charité avaient-elles essayé de le fléchir ; il répondait que l'évêque même ne le ferait pas changer de résolution. Une dame charitable ayant été voir la pauvre infortunée, celle-ci la conjura d'aller elle-même supplier son parent de lui permettre au moins de venir mourir auprès de sa mère, qui demeurait avec lui. « Il ne pourra pas vous refuser, » ajouta-t-elle.
M"° L... fit la démarche, mais elle ne fut pas mieux reçue que les autres. Elle essuya même un refus qui était plus que sec. Alors une idée la frappa.. Elle va soudain au monastère des Ursulines, demande de l’eau du tombeau et supplie les religieuses de commencer une neuvaine. Puis, sans perdre de temps et malgré la fatigue qu'elle éprouve, elle retourne à l'hôpital, donne de l’eau sainte à sa malheureuse amie et lui recommande de prier avec ferveur, lui disant que la sainte Mère l'exaucera certainement.
La grâce demandée ne se fit pas attendre. Dès le lendemain, M. N..., inquiet, troublé, ordonne d'aller chercher la malade et fait donner une voiture des plus convenables pour la transporter. Il lui prodigua tous les soins les plus affectueux pendant les huit jours qu'elle vécut encore. Il lui fit faire à ses frais un enterrement solennel, et il adopta ses deux enfants, qu'il élève comme les siens propres.
« Qui aurait pu changer ce cœur obstiné, disait Mme L... en donnant ces détails, sinon la puissante intercession de la sainte Mère, que l’on avait invoquée ? »
Au mois d'avril 1867, nous avions engagé toutes les maisons d'Ursulines à préparer des ressources pour les
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frais de la future béatification de 1: vénérable Mère; nous proposions de demander, dans ce but, des élèves de plus. Or les résultats de ce simple conseil furent très remarquables partout où on le suivit. Voici quelques courtes indications à ce sujet.
Ursulines de Hoogstraeten (Belgique), 10septembre 1867. « Après deux neuvaines faites avec intention de consacrer aux frais de la béatification le quart de la pension des élèves anglaises ou allemandes qui nous seraient procurées par la vénérable Mère, on nous offrit deux jeunes Anglaises catholiques. »
Cannobio (Italie), 23 septembre 1867. « Commençant, il y a peu de jours, une neuvaine pour remercier le bon Dieu des grâces qu'il a faites à la Mère de l'Incarnation, je lui demandai une pensionnaire et une maîtresse des classes supérieures. — Le troisième jour de la neuvaine, voilà qu'on me présente une élève. De plus, nous voyons naître l'espoir d'avoir une maîtresse. »
22 novembre suivant : « Je viens vous dire, avec un cœur rempli de la plus humble et de la plus ardente reconnaissance, que notre neuvaine a eu son entière effcacité. Une jeune fille, notre ancienne élève, qui a son diplôme au degré supérieur, nous pria tout à coup de vouloir bien l'accepter.. La petite nouvelle élève est maintenant une de celles auxquelles elle donne des leçons. »
Saint-Cyr-au-Mont-d'or (Rhône), 14 septembre 1867. « Le noviciat a commencé une neuvaine pour avoir une prétendante : le cinquième jour, il s'en est présenté une, qui entrera le dernier jour de la neuvaine. »
Uden (Hollande), 26 octobre 1867. « Nous étions convenues que si la vénérable Mère de l'Incarnation nous obtenait pour le 1° octobre une rentrée de cinquante élèves, la pension de la cinquantième serait pour les frais de la béatification.. De quarante-quatre élèves à la fin de l'année scolaire une dizaine ne revenaient pas, de
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