‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE V

faire avec une singulière dévotion; la seconde déterminait les cantiques spirituels sur les mystères de notre foi, et la troisième présidait à l'examen de cor ‘race, et faisait concevoir à l'assemblée l’importan ue cet exercice. Mais, quoiqu'elles passassent ainsi le temps dans des pratiques de dévotion, elles ne la: ‘rent pas d'écrire deux fois au révérend Père supérieur de la Mission et à moi, en des termes si religieux et si judicieux, que tout le monde admirait leur esprit. Monsieur notre gouverneur m'en parla surtout avec une consolation toute particulière de voir en des filles sauvages, nourries dans les bois et dans les neiges, des sentiments de dévotion et une politesse d'esprit qui ne se trouvent pas bien souvent dans ‘es filles bien élevées de la France. Le sujet de lettres était que, se voyant si longtemps privées des sacrements, elles demandaient qu’on leur envoyât du secours pour les retirer de cet ennui. A leur retour, la première visite qu’elles firent fut au très saint Sacrement, et la seconde à l’image de la très sainte Vierge. Anne-Marie avait cherché les premières fleurs du printemps pour couronner cette image et celle du petit Jésus. Ensuite elles nous rendirent compte de toutes leurs actions. « Ah! « disaient-elles, que la privation de la sainte messe « et des sacrements nous a été pénible! ! »

Mais, de toutes les élèves sauvages des Ursulines, la plus intéressante assurément, celle qui fit le plus

1 Lettres historiques. Lettre xxv, page 353 et suiv.

d'honneur à ses maîtresses, ce fut une jeune enfant appelée Thérèse qui est désignée dans les Mémoires des Ursulines de Québec sous le nom de Thérèse la Huronne.

Elle était née de parents hurons, mais renommés par leur zèle pour la foi catholique et la sainteté de leur vie. Un de ses oncles, qui veilla sur ses premières années, était considéré comme un saint ; un autre était très estimé de la Mère Marie de l'Incarnation. La petite Thérèse avait pieusement profité des bonnes leçons qu’elle avait reçues chez ses parents. La nature d’ailleurs s'était plu à la favoriser, non moins que la grâce.

Amenée chez les Ursulines par un de ses oncles, au printemps de l’année 1640, elle n’y demeura que deux ans; mais elle sut si bien mettre à profit ces deux années, qu'elle devint en peu de temps un modèle accompli de toutes les vertus. Déjà, étant encore au pensionnat, elle était considérée comme un petit apôtre. Il n'était pas un Huron venant à Québec qui ne voulüût la voir. Elle leur parlait à tous de Dieu, en des termes si touchants et avec un tel amour, qu'ils en étaient émus profondément. Plusieurs même se convertirent aux accents de sa vive piété. C’est du moins le précicux témoignage que lui a rendu le Père Vimont.

Du reste, un trait charmant de son enfance, lorsqu’elle était chez les Ursulines, nous donnera une idée de son ardeur pour le salut des âmes. Un de

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