‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 37 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VI

revint à ses bons amis de Québec et à sa chère famille du cloître. Il y eut à cette occasion de très grandes réjouissances parmi les enfants de la forêt. « Quand ces petites plantes la virent de retour, dit le R. P. Vimont, elles étaient toutes joyeuses; car elles la regardaient comme leur vraie mère, qui les avait toujours bien aimées et bien chéries. Il y a une jeune séminariste qui n'a pas manqué, depuis trois ans, de prier Dieu tous les jours pour elle, »

Quant aux religieuses, on essayerait vainement de peindre leurs sentiments en revoyant au milieu d'elles cette admirable compagne et émule de leurs premiers travaux. Notre vénérée Mère de l'Incarnation, qui mieux que toute autre connaissait le mérite de cette âme généreuse choisie par Dieu pour lui ouvrir les portes du Canada, en éprouvait une consolation indicible, « Hélas! disaitelle pendant son absence, madame notre fondatrice avait coutume de conduire nos séminaristes aux pèlerinages et processions publiques, et de marcher à la tête des femmes et filles sauvages, après quoi nous leur préparions un festin; aujourd’hui qu'elle est éloignée, elle est privée de cette consolation !. »

Mais maintenant cette douce plainte faisait place aux doux transports de la joie et de la reconnaissance. De son côté, M"° de la Peltrie témoignait

1 Les Ursulines de Québec, t. Ier, p. 88.

de ses sentiments, en cette circonstance, dans une lettre qu’elle adressait à dom Claude Martin qui venait de prononcer ses vœux, depuis deux ans à peine, au monastère de Vendôme.

« Je puis vous assurer, lui disait-elle, que Notre- Seigneur continue toujours à faire beaucoup de grâces à notre très aimée Mère Marie de l’Incarnation, et c’est une bénédiction toute particulière de l’avoir en cette petite maison, laquelle, par son exemple et ses paroles, augmente tous les jours en vertus et en sainteté. Elle a tant de charité pour nous, qu’elle daigne bien prendre la peine de nous faire tous les jours des conférences, pour nous enseigner le chemin de la perfection, et je serai bien responsable à notre bon Dieu, si je ne mets en pratique ses bons avis et ses saintes instructions. Oh! que je vous estime heureux d'appartenir à une personne si sainte et si fidèle aux mouvements de la grâce! Et moi, que je me tiens obligée à cette aimable Providence de m'avoir associée et unie à une si grande servante de Dieu!

« Je m'estime très privilégiée de vivre en sa sainte compagnie, que je chéris et honore parfaitement. La paix et l'union règnent heureusement parmi nous, et vous pouvez croire aussi bien que moi que c’est sa vertu et sa sainteté qui nous obtiennent de Dieu des grâces si particulières. Si je lui survis, je vous promets de vous mander bien des nouvelles de sa vie, lesquelles vous feront bien rendre grâces à la divine Majesté des faveurs spéciales qu’elle opère

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