‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 39 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VI

| reusement elle y contracta des infirmités qui obligè-

rent ses supérieurs de France à la rappeler dans son

monastère de profession, où elle mourut saintement peu de mois après son retour.

: L'année suivante, en 1644, les Ursulines de Tours ; donnèrent, de leur côté, deux nouvelles sœurs à la d maison de Québec. Ce furent la Mère Anne Compain

de Sainte-Cécile et la Mère Anne le Boue de Notree Dame. Leur arrivée portait à huit le nombre des le sœurs de chœur du nouveau monastère, On ne peut 1r lire sans émotion le récit des travaux et des fatigues le qu'elles eurent à endurer, dans ces temps héroïques

de la fondation de leur maison. Car ces « filles vierges », comme on les appelait chez les sauvages, furent souvent la providence du pays, non seulement par leur zèle à propager l'instruction et l'éducation religieuse parmi les tribus sauvages,

ue mais encore par leurs bienfaits matériels. En voici hs un témoignage pris au hasard, entre mille autres : is « Plusieurs sauvages de l'Isle, de la nation d’Irole quets (dans les environs du lac Témiscaming) et de d’autres endroits, étant venus se camper assez au près de Québec, raconte le R. P. Vimont dans sa ne relation de 1644, allaient tous les jours dans la chage pelle des Ursulines, où le Père de Quen leur faisait du l’'aumône spirituelle ; on en a baptisé quelquesur uns dans cette petite église, après les avoir sufli-

samment instruits. Or, comme la misère accablait nt ce peuple, l’aumône spirituelle étant faite, sui-

we vait l’aumône corporelle; les Mères, au sortir du

sermon, donnaient à manger à quatre-vingts per- g sonnes, charité qu’elles ont continuée environ six é semaines durant. Les femmes venaient encore en | d'autres temps visiter les Mères Ursulines; elles | ré entraient dans la classe des filles sauvages, où pr l'on ne cessait de leur apprendre à prier Dieu. Les to hommes entraient au parloir pour le même sujet; | es leur ferveur payait et récompensait la bonté des qu Mères, et, comme un bienfait dispose un bon cœur su à en faire un autre, elles ne pouvaient renvoyer aff ces bonnes gens sans une seconde aumône. Quel moyen de voir ces grands corps affamés sans les At secourir ? Qui donne à Dieu doit ouvrir son cœur et | jus ses mains pour recevoir. Il veut être le maître et fois avoir le dessus en tout. Qu'il soit béni dans le temps sup et dans l'éternité ! ! » chi

Cependant un événement très important pour la qui communauté des Ursulines s'était accompli sur ces œuY entrefaites, Laissons parler notre vénérée Mère : distr « Nous avons fait notre élection, après laquelle néce je soupirais depuis longtemps. Notre - Seigneur mon. nous a fait de grandes grâces en cette action, Dieu comme Il a fait en toutes celles d'importance que mire nous avons; car il semble que Dieu prenne nos mais cœurs pour n’en faire qu'un, afin de le mettre où Il sant veut ; cela est ravissant, et nos Pères en sont con- la foi solés jusqu’à verser des larmes. Cela est d'autant rempl plus à remarquer, que nous sommes de diverses con- mais

4 Les Ursulines de Québec, t. Ier, p. 100, 107.

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