‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 40 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VI

grégations; mais, quelque différente que nous ayons été dans notre origine, nous ne pouvons plus voir ni vouloir qu’une même chose. Nous avons élu ma révérende Mère de Saint-Athanase, qui est une excellente fille de la congrégation de Paris; elle s’est toujours parfaitement bien comportée, et c'est un esprit d'union qui mourrait plutôt que de rien faire qui la puisse troubler. Encore que je ne sois plus supérieure, je n'en ai pas moins le soin de nos affaires !. »

La Mère de l’Incarnation et la Mère de Saint- Athanase se succédèrent de six ans en six ans, jusqu’à la mort de la première, en 1672. Toutefois, comme elle vient de le dire, en quittant la supériorité, notre Mère de l’Incarnation était restée chargée de la conduite des affaires temporelles, ce qui n’était pas un léger fardeau; car, outre les œuvres incessantes de charité telles que aumônes, distributions de vêtements et de nourriture, il était nécessaire encore de pourvoir à la construction du monastère, qui n’était pas complètement terminé. Dieu bénissait, il est vrai, d’une manière souvent miraculeuse la confiance et le zèle de sa servante ; mais le miracle ne se faisait que peu à peu, laissant à celle qui en était l’objet tout le mérite de la foi et du sacrifice. Les ouvriers du pays étaient remplis de bonne volonté, eux aussi sans doute, mais il fallait cependant les payer. « Un homme

1 Les Ursulines de Québec, t. Ier, p. 118.

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coûte trente sous par jour, dit notre vénérée Mère dans une de ses lettres, encore faut-il le nourrir les fêtes et les dimanches et dans les mauvais temps. » Aussi, ajoute-t-elle, « nous faisons venir de France nos artisans, qu'on loue pour trois ans au plus. Nous en avons dix qui font toutes nos affaires, excepté que les habitants nous fournissent la chaux, le sable et la brique". »

Plus d'une fois, il »st vrai, les Ursulines de Québec eurent à se louer du dévouement absolu et du zèle de leurs serviteurs. En 1646, par exemple, lorsqu'elles se trouvaient absolument sans ressources, « le frère Jacques, dit le vieux récit, vint de France et se donna à la mai:n pour faire le jardin, où il a beaucoup travaillé pour le défricher et le mettre en état de servir... Le 16 décembre de cette année 1647, le sieur Pierre Moreau, maçon, s’est donné à la communauté pour la servir en ses besoins. Il était venu travailler pour nous dès l’année 1641, n'étant alors âgé que de vingtquatre ans. Après avoir travaillé six ans à gages, il s’est remis de tout à la maison, nous abandonnant la somme de 190 Ibs que nous lui devions et dont il eût pu disposer autrement ?. » Le monastère s’achevait ainsi peu à peu, malgré les graves difficultés du temps.

Après sept années d'efforts et de patience,

! Les Ursulines de Québec, t. ler, p, 119.

4 Id., ibid., p. 120.

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