TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VI
en 1648, il était enfin terminé. Il avait coûté plus il de 50,000 Ibs. Entièrement construit en pierres
quant aux murs principaux, il mesurait quatre- , | vingt-douze pieds de longueur sur vingt-huit de | largeur. &« C’est la plus belle et la plus grande $ maison qui soit en Canada pour la façon d’y bâtir, » écrivait la Mère Marie de l’Incarnation, et son
témoignage est confirmé par les plus anciens docuhe \ ments.
a né it nr vo sport at A ue 5 TR PP PI PE MERE COUR
t A cent pas environ de ce beau monastère, s’éle- », À vait une petite maison également en pierres, à > \ deux étages, d'une superficie de trente pieds sur nt vingt, qui appartenait à M”"° de la Peltrie. Elle le l'avait fait bâtir en 1644, peu après son retour à ri | Québec. « Cette maison fut d’abord louée au proé- fit de la communauté, disent les mémoires des u, Ursulines. Dans les deux incendies, elle devint une ir véritable providence pour la communauté, et c’est | us là que devait s’éteindre en 1652, au milieu d'in- | t- commodités de tout genre et avec des marques si ss, sensibles de prédestination, la bien-aimée Mère de nt ; Saint-Joseph, la première des Ursulines de Québec | il qui fut appelée à la récompense, » La p'euse | Le- M"° de la Peltrie, qui l'avait fait bâtir pour y à du habiter avec sa servante, ne l’occupa jamais. Car, lorsqu'en l’année 1646 les Ursulines ouvrirent leur e, premier moviciat, quel ne fut point leur étonne-
ment mêlé d'admiration er voyant cette pieuse dame
1 Les Ursulines de Québec, t. Ier, p. 119.
venir solliciter à genoux la faveur d’y être admise ! En faisant cette noble et généreuse démarche, elle ; était suivie par M'° Charlotte Barré, qui ne l'avait t pas quittée depuis le départ de Tours, et dont la à vocation religieuse ne s'était pas démentie un seul ( instant. d
Les supérieurs ne jugèrent pas expédient, pour le de bien même de son œuvre, que M"° de la Peltrie se à fit religieuse. Cette âme dévouée, qui ne cherchait # que l’accomplisscment de la volonté divine, reçut M cette décision avec une parfaite soumission. Elle de renonça à son généreux dessein; mais « dès lors, pr dit le récit, elle résolut de vivre en religieuse. Con- de
tinuant donc à habiter le cloître en habit séculier et sans être liée par des vœux, on la vit s’astreindre à
toutes les règles et c"servances de la vie monas-
tique, sans vouloir accepter ni exemptions ni privilèges, hors celui d'occuper partout la dernière place; ce qu'elle a fidèlement observé jusqu’à sa mort ! ».
Mais si M°° de la Peltrie ne put étre admise au noviciat, M'° Barré y fut reçue avec bonheur, et devint ainsi la première novice de ce monastère.
M°° de la Peltrie lui donna elle-même son trousseau et 3,000 livres de dot. Elle fit profession et prononçe ses vœux deux ans plus tard, le 21 novembre 1648. Cette piofession fut la première cérémonie de ce genre célébrée au nouveau monas-
3 Les Ursulines de Québec, t, Ier, p. 141.