TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE III
notre généreuse Ursuline en cette année 1641. Elle
À avait appris, à l’époque où arrivaient les vaisseaux qui » portaient les lettres de France, qu'après l'insuccès a de ses démarches pour entrer dans la Compagnie de ; Jésus, et plusieurs hésitations de sa part à se fixer F dans le monde, la vocation de ce cher fils s'était a enfin clairement manifestée, et qu’il était entré, dans 28 ; les premiers jours de 1641, sur les conseils du R. P. dom Raymond de Saint-Bernard, au noviciat nt | des religieux bénédictins de la Congrégation de Saintrs Maur, à Vendôme, 8; Nous n'avons pas la lettre de Claude Martin €, annonçant cet heureux événement à sa Mère vénées rée. Mais nous avons la réponse de celle-ci, vrai le monument de sollicitude maternelle et d’ardente eur charité, où les sentiments de la nature et ceux de pus la grâce se confondent et s'unissent dans l'amour a da de Celui qui seul a pu les inspirer. La voici tout in- entière :
arelle « Mon très cher et bien-aimé fils, Ce se « L'amour et la vie de Jésus soient votre héride tage! Votre lettre m'a apporté une consolation si ÿr grande, qu’il me serait impossible de vous l’exprimer. aux J'ai été toute cette année en de grandes croix à ber- votre occasion ; mais enfin Dieu m’a donné le calme plus dans la croyance que son amoureuse et paternelle bonté ne perdrait point celui que j'avais abandonné » de pour son amour. Votre lettre m'y a confirmée en
ee S
m’annonçant ce que j'avais espéré pour vous, et bien au delà de toutes mes espérances, puisque sa bonté vous a placé dans un ordre si saint que j'honore et estime infiniment. J'avais souhaité cette grâce pour vous; mais parce qu'il faut que les vocations viennent de Dieu, je ne vous en dis rien, ne voulant pas mettre du mien en ce qui appartient à Dieu seul. Vous avez été abandonné de votre mère et de vos parents ; mais, dites-moi maintenant, cet abandon ne vous a-t-il pas été avantageux? Lorsque je vous quittai, n'ayant pas encore douze ans, je le fis avec des convulsions étranges qui n'étaient connues que de Dieu seul. Mais il fallait obéir à sa divine volonté. Il me promit d'avoir soin de vous, et alors mon cœur s'affermit pour surmonter ce qui avait retardé mon entrée en religion pendant dix années entières; encore fallait -il que la nécessité de
le faire me fût signifiée par mon directeur, et par:
des voies que je ne puis confier à ce papier, mais que je vous dirais volontiers à l'oreille. Je prévoyais l'abandon de nos parents, ce qui me causait mille croix ; et ensuite l’infirmité humaine me faisait appréhender votre perte. Lorsque je passai par Paris, il m'était facile de vous placer. La reine, M”° la duchesse d'Aiguillon et M"° la comtesse de Brienne, qui me firent toujours l'honneur de me regarder de bon œil, et qui m'ont encore honorée cette année de leurs lettres, ne m’eussent rien refusé. {Ici je dois remercier M"° la duchesse d’Aiguillon du bien qu’elle a voulu vous faire.) Mais la pensée me vint alors