‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 50 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VII

illuminée conserve l'expression d’une sérénité parfaite ; et les jets de flamme qui voltigent autour de sa tête semblent déjà le couronner du nimbe mystique des bienheureux. Son regard, attaché au ciel, plonge au delà des sphères visibles et paraît absorbé dans la contemplation d'une vision céleste; il l’abaisse de temps en temps sur ses bourreaux avec tant de calme et de fermeté, qu'ils reculent d’effroi, comme devant un être surnaturel. D'une voix forte et assurée il leur annonce la vérité, et encourage les infortunés captifs qui partagent son supplice. Les Iroquois redoublent de fureur et de cruauté, afin de le faire taire. Quelques Hurons apostats joignent l’insulte à la férocité. « Tu nous as dit, Echon, « s’écrient-ils, que plus on souffrait dans cette vie, « plus la récompense serait grande dans l’autre, « Remercie-nous donc, puisque nous embellissons « ta couronne. »

« Exaspérés de ne pouvoir lui arracher le moindre signe de faiblesse, ni l'empêcher de parler, ils lui fendent la mâchoire en deux d’un coup de hache, lui coupent les lèvres, le nez, une partie de la langue, et lui enfoncent un fer rouge dans la bouche, Dans cet affreux état, il parlait encore par signes pour consoler et fortifier les autres captifs et surtout le Père Lallemand, dont les soupirs lamentables, les plaintes déchirantes lui fendaient l'âme. Nature fréle et délicate, le Père Lallemand n'était qu’un faible enfant auprès du Père de Brébeuf, colosse doué d’une organisation physique exceptionnelle.

C'était un spectacle navrant pour le vieux missionnaire de voir son jeune compagnon, qu'il aimait comme son enfant, se tordre dans d'intolérables

douleurs. Au plus fort de ses tourments, il joignait les mains, levait les yeux au ciel et poussait de profonds soupirs vers Dieu, en invoquant son secours. ] (il Ses bourreaux le couvrirent d’écorces de sapin, et I il avant d'y mettre le feu le traînèrent devant le Père ‘il de Brébeuf; le jeune martyr se jeta à ses pieds, et E se recommanda à ses prières en répétant les paroles t de l’apôtre saint Paul: Nous avons été donnés en a spectacle au monde, aux anges et aux hommes. b « Jvres de carnage et de sang, les Iroquois inven- P: tèrent contre lui des raffinements de cruauté dignes d de l’enfer. Ils lui arrachèrent les yeux et mirent à la q 1 place des charbons ardents. Son supplice fut pro- de ll longé pendant un jour et une nuit entière ; et ce ne ell fut que le lendemain de sa captivité, vers neuf l'é heures du matin, que l’un d'eux, fatigué de le voir tri

E languir si longtemps, mit un terme à ses maux en 4 lui fendant la tête d’un coup de hache. Le Père de far ii Brébeuf avait cueilli sa couronne avant lui. Il rendit mc le dernier soupir après trois heures de tortures. Les les barbares lui arrachèrent le cœur et le dévorèrent de entre eux, croyant ainsi s’incorporer une partie de à F

son courage !. la

bie 1 On conserve encore, chez les dames Hospitalières de Québec, reç1 le crâne du Père de Brébeuf, enchâssé dans le socle d'un buste Elle

d'argent, qui fut envoyé au Canada par la famille de l'illustre «martyr, dans le but d'y renfermer cette précieuse relique.

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