‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 53 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VIl · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VIl

L'admiration et le dévouement de la vénérable Mère Marie de l’Incarnation pour la glorieuse Église des Hurons, si cruellement persécutée, trouva bientôt une occasion de se manifester d'une manière plus éclatante encore. Le 28 juillet 1650, on vit arriver à Québec, sous la conduite du Père Ragueneau, les quatre ou cinq cents Hurons, derniers restes de cette nation sauvage, qui avaient échappé au désastre de leurs tribus et de leurs familles. Nos vaillantes Ursulines ne furent point les dernières à les secourir. Elles voulurent, malgré leur dénuement presque complet, leur offrir une terre qu’elles possédaient dans l'ile d'Orléans, sur le fleuve du Saint-Laurent, en aval de la ville, où ils se trouvèrent un peu plus à l'abri des incursions de leurs effroyables ennemis les Iroquois, qui venaient les pourchasser encore jusqu'aux environs de Québec.

Mais ce témoignage ne suflisait pas encore au cœur de notre Mère vénérée. Elle voulut étudier leur langue, afin de pouvoir se dévouer à leur service et à leur instruction. « Que ce coup me fut terrible ! dit-elle dans une de ses lettres, en parlant de l’effroyable détresse où la persécution avait plongé cette chère Église des Hurons. C'était la chose la plus pitoyable qui fût encore arrivée dans cette nouvelle Église. Les révérends Pères qui étaient demeurés vifs avaient plus souflert que ceux qui étaient inorts. À la vue de ces âmes consommées en vertu, dans lesquelles Jésus-Christ vivait plus qu’elles

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