‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 73 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IX

ceux qui travaillent à la toise ou à la tâche, Quatre bœufs, qui font notre labour, traînent les matériaux de bois et de sable; nous tirons la pierre sur le lieu !. »

Dans une autre lettre, elle dit encore : « No; révérends Pères nous ont prêté huit mille livres; mais, à l'heure où j'écris, nous en devons bien quinze, et, avant que notre bâtiment ne soit achevé, nous en j devrons plus de vingt, sans parler des accommodements du dedans et des meubles. C'est de la divine Providence que nous attendons l’acquit de nos dettes et ce qui doit suflire à toutes nos autres nécessités. C'était elle qui nous avait mise en l’état où nous étions, ce sera elle aussi qui nous y remettra par le , moyen de la sainte Vierge, du secours de laquelle nous sommes tellement assurées, que nous vivons en paix de ce côté-là. Ce qu'elle ne fera pas par elle-même, elle nous suscitera des amis qui le feront, et de la sorte elle fera tout. Elle y a déjà mis la main si puissamment, que le bâtiment est élevé jusqu'au carré, en sorte que nous y pourrons loger dans quelque temps. Tous ceux qui voient cela en sont dans l'admiration et disent qu'il semble que ce logis se fasse de lui-même, et que le doigt de Dieu y travaille. Tout le pays est dans la joie de nous voir à la veille de faire, comme auparavant, les fonctions de l'instruction, que nous ne faisions que petitement dans une cabane d'écorce ?, »

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| r 1 Lettres spirituelles. Lettre LXIT, p. 138. | res ” 2 Lettres historiques. Lettre XLIV, p. 456, 457. le TES

Le nouvel édifice s'élevait, en effet, avec une telle rapidié que le Père Ragueneau disait, dans une lettre, qu'il espérait que les Ursulines pourraient prendre possession de leur nouveau monastère avant l'hiver de 1651-1652. IL n'en fut rien cependant. À cause du retard des vaisseaux venant de France, qui n’arrivèrent cette année-là qu’à la fin d'octobre, cette nouvelle prise de possession ne put avoir lieu que le 29 mai suivant.

Mais, avant cet heureux événement, Dieu voulut soumettre le cœur de sa servante à la plus douloureuse épreuve qu’il ait éprouvée au Canada, Comme autrefois Moïse, qui ne vit que de loin la terre de promission sans pouvoir y entrer, la Mère Marie de Saint-Joseph s’éteignit doucement dans la petite maison de M"° de la Peltrie, pour ainsi dire sur le seuil du nouveau monastère.

Nous avons déjà donné ailleurs quelques détails sur l’enfance et la jeunesse de cette fervente émule de la Mère Marie de l’Incarnation. Le lecteur n’a pas oublié ces scènes touchantes du départ du monastère de Tours, ses tendres adieux faits à sa famille éplorée, à ses sœurs du couvent, à la patrie. Elle quittait joyeuse alors cette terre de France où tant d’affections pures et saintes s’eflorçaient vainement de la retenir, pour suivre son héroïque compagne dans les régions glaciales du nouveau monde.

Treize années s'étaient écoulées depuis le jour de leur arrivée au Canada. Au milieu des grandes souf-

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