‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 74 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IX

frances, des difficultés, des terreurs de tous genres qui furent le partage des premières Ursulines de - Québec, sa foi, sa charité, sa douceur angélique, sa - : patience à toute épreuve, ne s'étaient pas démenties

\ | un seul jour. D'une complexion délicate, fréle de AA t corps, on pouvait dire d'elle ce que saint Paul a dit 4 : a de lui-même: præsentia corporis infirma. Mais l'âme a n était vaillante, généreuse, hérc'yue même sous cette enveloppe fragile. Elle brillait dans ses regards tou- | it jours à la fois vifs et doux, dans tous les traits de ‘SAT 1- son visage et l’ensemble de sa personne, où l’on | 1e voyait aussi le reflet de son innocence et de sa cha- N de rité. Si la Mère de l’Incarnation était la femme forte Fi de du monastère et de toute la colonie, celle-ci en était | ite l'ange par l'éclat de ses douces vertus. Aussi elle i| le eut bien vite gagné le cœur non seulement des | élèves françaises, mais encore et surtout des petites ils sauvages et de tous leurs parents et amis. C’est vers le les Hurons surtout qu’elle avait tourné les premiers ’a efforts de son zèle. Aussi ces sauvages la connais- | o- saient-ils plus que toutes les autres religieuses. Ils sa ne l’appelaient jamais que Marie-Joseph la sainte | ie. fille. |

« Depuis plus de quatre ans et demi, dit l'abbé Casgrain !, elle souffrait d’un asthme et d'une pneumonie, accompagnés de crachements de sang et d’une fièvre continue. Elle gardait néanmoins rarement le lit, observait tous les points de la règle, et

1 L'abbé Casgrain , Hisloire de la Mère de l’Incarnation, TI pare tie, ch. 1x, p. 396.

psalmodiait au chœur, malgré son oppression et ses douleurs de poitrine. Enfin le 2 février 1652, jour de la Purification de la sainte Vierge, lorsque la Communauté était encore entassée dans la maison de M"° de la Peltrie, elle s’étendit sur son lit de douleur pour ne s'en plus relever. Sa maladie se compliqua d’une hydropisie qui iui causa d’atroces souffrances. On fut obligé de lui faire de profondes incisions aux jambes, pour arrêter les progrès du mal ; mais les sources de la vie étaient épuisées, la gangrène se mit dans ses plaies et ajouta de nouvelles horreurs à ses maux. Tourmentée par une toux qui ne lui laissait point de relâche, dévorée par la fièvre, couverte de cicatrices douloureuses, elle passait les jours et les nuits sans sommeil, ne proférant jamais une plainte et bénissant la Providence de lui avoir donné ce pauvre réduit pour dernier asile.

« Ah! que je suis heureuse, disait-elle à sa fidèle « amie la Mère de l’Incarnation, que je suis heu- « reuse de mourir en un lieu pauvre, loin des délices « et des commodités dont on jouit en France!

Écrivez, je vous prie, à mes parents, à mon oncle l’évêque de la Rochelle, et à nos Mères de Tours, que je suis très contente de les avoir tous quittés, et de mourir pauvre religieuse de la mission des Ursulines du Canada. »

« Dès le 2 février, il avait fallu veiller la chère malade. Cette charge était ordinainement dévolue à la Mère de l’Incarnation, qui lui servait d’infir-

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