TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE X
notre séminaire, qui est à un des coins de notre clôture et tout proche de la paroisse.
« Il y aura la commodité et l'agrément d'un beau jardin, et afin que lui et nous soyons logés selon les saints canons, il a fait faire une clôture de sépara-
tion. Nous en serons incommodées, parce qu'il nous
à faut loger nos séminaristes dans nos appartements; mais le sujet le mérite, et nous porterons avec plai- A sir cette incommodité, jusqu'à ce que la maison ” épiscopale soit bâtie‘, »
le Ailleurs elle dit encore : « Le dernier vaisseau n s'est trouvé infecté de fièvres malignes et contans gieuses. Il est arrivé en septembre 1660. IL portait 1 e, deux cents personnes, qui ont presque toutes été | HS de malades, Il en est mort huit sur mer et d’autres sur ne terre. Presque tout le pays en a été infecté et l’hôpi- ; éz tal est rempli de malades. Mf de Laval y est conti- | Àù nuellement pour les servir et faire leurs lits. On fait nt tout ce que l’on peut pour l’en empêcher et conseront ver sa personne, mais il n'y a point d'éloquence ect qui le puisse détourner de ces actes d’humilité ?, is « C’est un autre saint Thomas de Villeneuve,
pour la charité et l'humilité, car il se donnerait luimême pour cela. Il ne se réserve pour sa nécessité que le pire. Il est infatigable au travail ; c’est bien l’homme du monde le plus austère et le plus détaché des biens de cette vie. Il donne tout, et vit en pauvre, et l’on peut dire avec vérité qu'il a l'esprit de pau-
1 Leltres historiques. Lettre LVII, p. 541.
3 Id., ibid., p. 544.
vreté. Ce ne sera pas lui qui se fera des amis pour s’avancer et pour accroître son revenu, il est mort à tout cela. Peut-être (sans faire tort à sa conduite) que s’il ne l'était pas tant, tout en irait mieux, car on ne peut rien faire ici sans le secours du temporel: mais je me puis tromper, chacun a sa voie pour aller à Dieu. Il pratique cette pauvreté en sa maison, en son vivre, en ses meubles, en ses domestiques; car il n’a qu'un jardinier, qu'il prête aux pauvres gens quand ils en ont besoin, et un homme de chambre qui a servi M. de Bcrnières, Il ne veut qu’une maison d'emprunt, disant que, quand il ne faudrait que cinq sols pour lui en faire une, il ne les voudrait pas donner. En ce qu! regarde néanmoins la dignité et l'autorité de sa charge, il n'omet aucune circonstance. Il veut que tout se fasse avec la majesté convenable à l’église, autant que le pays le peut permettre. Les Pères lui rendent toutes les assistances possibles ; mais il ne laisse pas de demander des prêtres en France, afin de s'appliquer avec plus d’assiduité aux charges et aux fonctions ecclésiastiques !. »
De son côté, le R. ?. Lallemand a rendu à cet illustre prélat ce précieux témoignage : « Nous ne pouvons douter que Dieu n'ait de hauts desseins sur ces terres pour en tirer sa gloire, puisqu’Il a relevé nos espérances par le don qu'Il nous fait d’un prélat après lequel cette Église naissante soupirait depuis longtemps. Il fut reçu comme un ange consolateur
1 Lettres spi: tuelles. Lettre XC, p. 203, 204.
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