‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 10 sur 258 · CHAPITRE II L'ÉPOUSE CHRÉTIENNE ET L'APOSTOLAT DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II L'ÉPOUSE CHRÉTIENNE ET L'APOSTOLAT DOMESTIQUE

Son mariage malgré ses inclinations pour la vie religieuse. — Ses chagrins domestiques. — Naissance de son fils. — Ses vertus, son zèle pour la sanctification de ses serviteurs. — Son attrait pour la parole de Dieu. — Son union avec les âmes vouces à l'apostolat. — Ses ardeurs à suivre les cérémonies de l'Église.

Fortitudo et decor indumñentum ejue.

La force et la beauté furent comme son vêtement, (Prov., XXXI, 25.)

L'exemple des personnes sages et pieuses a toujours été considéré avec juste raison comme un très puissant encouragement à la vertu. Notre jeune Marie Guyard sut, dès ses plus tendres années, profiter de ce précieux secours. Comme une abeille diligente qui va puiser dans le calice des plus belles fleurs le suc dont elle veut composer son miel, elle examinait avec attention la conduite des personnes les plus pieuses, et s'eflorçait de l'imiter. On la voyait souvent à genoux, absorbée dans la prière, dans les endroits les plus retirés de l'église ou de sa

maison. Les voisins et amis de la famille, qui ne connaissaient point le secret des grâces dont elle commençait dès lors à être favorisée dans l’oraison, s’étonnaient de cet ardent amour pour un genre de vie qui, de la part d’une jeune fille de cet âge, leur paraissait si étrange.

Cependant elle eut bientôt atteint sa dix-septième année, et ses parents avaient résolu de l’engager dans les liens du mariage. Lorsque sa mère lui fit la pre-

mière ouverture de leur dessein, elle en “prouva une

très vive peine, à cause d’une répugnance instinctive qu'elle avait toujours ressentie pour cet état; mais toutefois elle se contenta de répondre : « Ma mère, puisque c’est une résolution prise et que mon père le veut absolument, je me crois obligée d'obéir à sa volonté et à la vôtre; mais, si Dieu me fait la grâce de me donner un fils, je lui promets dès à présent de le lui consacrer; et, s’il me rend ensuite la liberté que je vais perdre, j'en userai pour me consacrer moi-même à son service. »

Dieu lui donnait ainsi d'avance le juste pressentiment de ce qui devait arriver un jour.

L'histoire ne nous a conservé que fort peu de renseignements sur l'époux que la Providence lui avait destiné. Nous savons seulement que le nom de sa famille était Martin, et qu'il était déjà lui-même à la tête d'une des plus riches manufactures de soieries de la Touraine.

Le mariage eut lieu dans le courant de l’année 1618; mais nous en ignorons la date précise.

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