PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE
son cœur, et qu'il ait voulu, durant ces premières années de sa vie, être lui-même son seul directeur et Père spirituel. La douce et pieuse enfant ne doutait pas de cette faveur précieuse. Elle en conserva toute sa vie le sentiment profond. Aussi, dans ses travaux, ses obscurités intérieures, ses difficultés ou ses peines, elle s'adressait à Dieu présent dans son cœur, avec une confiance et une simplicité parfaites et un abandon absolu.
Ce divin directeur de son âme lui fit même connaître plus tard, dans une vision merveilleuse, qu'il se plait à illuminer ordinairement, d’une manière directe, les anges supérieurs, et, par ceux-ci, les anges inférieurs et les hommes, mais qu’en certains cas, et à l'égard de certaines âmes choisies, il aime à ne point user d’intermédiaire, et qu'elle avait eu l'honneur dès son enfance d’être de ce nombre.
Qui pourrait dire les heureux et admirables effets de cette direction divine? Si on a vu des âmes, à peine sorties quelquefois du lamentable état de péché, s'élever en peu d'années aux plus hauts sommets de la perfection, grâce aux conseils, à la sagesse d’un directeur éclairé des vraies lumières célestes, que devons-nous penser d’une âme qui a été dirigée dans les voies de la sainteté, dès ses plus tendres années, par le Saint-Esprit lui-même? Nul doute qu'il ne faille attribuer à cette direction toute divine cette horreur profonde et, pour ainsi dire, native que, toute jeune encore, elle témoignait pour les moindres péchés, son attrait si puissant pour la vertu, sa crainte du
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monde, sa douce innocence, et surtout cette exquise délicatesse de conscience qui lui causa plus tard, durant les années de son adolescence, de si vives alarmes au seul souvenir des jeux et des divers amusements auxquels elle avait coutume de se livrer quelquefois dans sa première enfance.
On se demandera, sans doute, quels étaient ces jeux et ces amusements, qu’elle pleura comme des fautes? Klle-même va nous l'apprendre : « Comme j'étais une enfant encore aveugle et ignorante, je mélais, dans mes petites récréations, la dévotion avec le divertissement, sans faire une distinction suffisante de l’un et de l’autre. » On la voyait, en effet, imiter quelquefois à la maison paternelle, par manière d’amusement, ce qu'elle avait vu faire à l'église. Heureux enfant! ce fut là, plus tard, rout le sujet de ses remords de conscience.
A ce seul trait, nous pouvons déjà connaitre quelle sera la pureté suréminente de cette glorieuse épouse de Jésus-Christ.
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