DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE II
lations célestes, Car c'est une vérité certaine que plus une âme est vide d'elle-même et des créatures, plus elle est capable de posséder Dieu.
Toutefois ce divin Sauveur n’accable point sous les coups de son amour les serviteurs fidèles qui lui sont ardemment dévoués, pas plus qu'il n'écrase en ce monde les méchants qui lui résistent, sous ceux de sa colère, Il use de patience envers ceux-ci, et il conduit les autres au banquet des félicités éternelles par les voies austères de la mort à euxmêmes, avec une force impitoyable, sans doute, mais toujours tempérée par la suavité de son cœur. Du reste, l’âme généreuse qui se laisse librement immoler ne tarde pas à trouver, après les angoisses de l’agonie et la mort de la nature, les joies et les saintes ivresses de la pleine possession de Jésus. La vie de notre Mère de l’Incarnation nous en fournit un nouvel et bien encourageant exemple.
La supérieure du monastère de Tours, très affligée des peines intérieures qui accablaient l’âme de notre nouvelle professe, et sachant combien les conseils et avis de son confesseur étaient peu en rapport avec les besoins de son âme, résolut enfin d'y apporter remède. On était alors à l'entrée du carême de l’année 1633. Le R. P. Georges de la Haye, de la compagnie de Jésus, qui appartenait à la résidence d'Orléans , avait prêché les sermons de l’Avent dans la cathédrale de Tours, et devait y prêcher encore ceux de la station quadragésimale. Dans l’inter-
valle de ces deux prédications, il allait, dé temps