‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 111 sur 258 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE Ill · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE Ill

condition qu’elle écrirait, à côté de toutes les grâces et faveurs qu'elle avait reçues de Dieu, tous les péchés dont elle croyait s'être rendue coupable, Le jour même du vendredi saint, elle se sentit intérieurement pressée de se mettre à l'œuvre. Elle fut favorisée en même temps d’une connaissance très nette de toutes les diverses circonstances des événements de sa vie. Aussi écrivit-elle deux relations très exactes, l’une de ses péchés, l'autre des faveurs célestes dont elle avait été favorisée. Cette dernière relation a servi de première base à l'ouvrage de dom Claude Martin.

Le R. P. de la Haye, plein d'admiration pour les vertus de notre Mère de l’Incarnation, ne pouvait manquer de s'intéresser très vivement aussi à son jeune fils qui, à ce moment, était encore à Tours. Il le vit et l'interrogea à plusieurs reprises, et prit la résolution de l'emmener avec lui à Orléans, pour lui faire achever ses études dans le collège des Pères Jésuites de cette ville. Mais la tante de notre jeune homme ne voulait, en aucune façon, consentir à se charger entièrement des frais de son entretien et de ses études, s'il s'éloignait encore de Tours. Le R. P. de la Haye surmonta cette difficulté, en obtenant d'une personne riche et charitable la promesse de parfaire elle-même le prix de la pension que la sœur de notre Mère refusait de payer intégralement.

Le jeune Claude Martin, qui n'était alors âgé que de quatorze ans, suivit donc à Orléans son nouveau bienfaiteur, le R. P. de la Haye. Nous le retrou-

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verons en cette ville, en 1639, au moment du départ de sa courageuse mère pour le Canada. Dans cet intervalle, il revint encore à Tours pour faire sa rhétorique dans un collège que les Pères Jésuites fondèrent en ce moment dans cette ville. Mais au bout d’un an il fut rappelé à Orléans pour y suivre un cours de philosophie. Ce fut dans cette dernière ville, nous aimons à le dire ici en passant, qu'il fit la connaissance du R. P. Saint-Jure, si connu par ses ouvrages de spiritualité, et qui demeura jusqu'à sa mort un de ses plus tendres et meilleurs amis.

Cependant Dieu, qui bénit toujours l’obéissance, voulut se hâter de récompenser celle de notre fervente Ursuline par de suaves consolations intérieures qui durèrent depuis la fête de Pâques jusqu’à celle de l’Ascension. Bien qu’elle ressentît encore quelquefois, il est vrai, l’aiguillon de ses croix et épreuves intérieures, cette douleur fut singulièrement tempérée pendant ces quarante jours par les pieux colloques qu'il lui fut donné d'avoir avec son Époux divin dans le mystère de sa Résurrection. Mais à partir de la fête de l’Ascension, elle se trouva de nouveau en praie aux mêmes tortures intérieures. On eût dit que Notre-Seigneur montant au ciel lui eût retiré avec le doux bienfait de sa divine présence, toute joie et toute consolation. Son état devint même pire qu'il n'avait jamais été. « Les faiblesses qu’une âme est capable de souffrir, ditelle, m'assaillirent de toutes parts. Je me voyais

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