RÉ DES EEE NE RES
Mon Bien-Aimé est comme un raisin de Chypre dans les vignes d’Engaddi.
Le Verbe incarné, son divin Époux, était d'ailleurs pour elle le foyer lumineux qui éclairait toutes choses. Elle ne voyait que lui dans toutes les pages de nos saints livres. Le Saint-Esprit, qui remplissait son âme, lui révélait tous les trésors cachés qu'ils renferment par rapport à ce Verbe divin. Aussi il est impossible d'exprimer, ni même de comprendre ce qu’elle ressentait dans ces études qui étaient moins pour elle des études qu’une sublime oraison. L'univers entier lui apparaissait comme le royaume du Verbe incarné, et elle raconte que ce divin Roï se plaisait à l’y introduire, à lui en montrer toutes les merveilles; mais il lui faisait connaître surtout le souverain domaine que Dieu le Père lui a donné sur les cœurs, à la suite des victoires qu’il a remportées, par l’effusion de son sang, sur l’empire de la mort et du péché. Quelquefois, dans son intime union avec ce Verbe divin, elle le voyait dans le sein du Père, qui lui était représenté sous le symbole d'un fleuve ou d’un torrent de feu, figure du Saint-Esprit, qui embrase l'âme de tous les saints en leur communiquant la vie divine.
Comment, sous l'impression de ces touches célestes, cût-elle pu contenir au dedans d'elle-même le feu qui la consumait? Il s’échappait au dehors, le plus souvent à son insu et même quelquefois malgré elle, lorsqu'on venait la visiter dans sa cellule pour considérer un ouvrage très délicat qu'elle confectionnait