‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 125 sur 258 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE V

Cela s'accorde avec ce qu'elle disait un peu avant sa mort aux novices, dont elle avait actuellement la charge; à savoir, « qu’elle ne pouvait s'imaginer comment une âme religieuse qui a la Divinité au dedans d'elle-même peut rechercher sa satisfaction dans les créatures. »

« Je m'étonne comment une âme n'est pas toujours contente, croyant et sachant qu'elle a Dieu pour Père. C’est que l'on réfléchit trop sur soi-même.

« Les plus saints ressentent jusqu'à la mort des restes et des attaches de la nature corrompue, et c'est ce qui fait le véritable motif de leur humiliation.

« IL importe beaucoup que par notre propre expérience nous ressentions des faiblesses, afin que, les portant en nous, nous ayons de l'humilité en nousmêmes et de la compassion pour les autres.

« Plus l’âme s'approche de Dieu, plus elle connaît son néant. Et quoiqu'elle soit dans un très haut degré d'amour, elle s'en humilie davantage en sa présence. Cela s'accorde parfaitement, et me fait concevoir le sens de cette parole de Notre-Seigneur : Celui qui s’humilie sera exalté. Et celui de cette autre : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes.

« L’obéissance est le passeport de tout, pourvu qu’on ait l'intention droite.

« Ce qui m'étonne, disait-elle, et une chose que je ne puis comprendre, c’est qu’une âme religieuse qui veut aimer Dieu et être aimée de lui ne soit pas obéissante et qu’elle ait de la peine à se soumettre. »

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Elle disait ordinairement que, « quand une chose est commandée à une personne religieuse, elle ne doit point avoir d'autre motif pour obéir que le souvenir et la considération de ses vœux. »

Elle ne pouvait comprendre « qu'une âme religieuse eût de la peine à se soumettre à l’obéissance, puisqu'on est toujours assuré, disait-elle, qu’en obéissant on fait la volonté de Dieu ».

C'était aussi son sentiment, et elle le communiquait souvent à ses sœurs, que « l’âme curieuse des choses du monde n’a point l'esprit de Dieu; car le royaume de la paix s’établit dans un cœur dénué, et qui, par une sainte haine de soi-même, se plaît à détruire les restes de la nature corrompue ».

Elle a maintes fois déclaré qu'il n’y avait point de chemin plus court pour parvenir à la perfection de la vic intérieure que le retranchement universel des réflexions, non seulement sur tout ce qui peut donner de la peine, mais encore sur tout ce qui ne porte point à Dieu ni à la pratique de la vertu.

« Mes tentations, disait-elle, m'ont été des instructions; car par moi-même j'ai appris à gouverner les autres. »

Elle avait en haine tous les vices, mais surtout le mensonge, disant qu'en ouvrant la bouche pour mentir, on ferme son cœur à Dieu.

Voulant montrer la tranquillité et la douceur avec laquelle il faut agir, elle disait que « l’empressement que l'on a d'achever une chose pour courir et en commencer une autre fait que toutes les deux sont imparfaites ».

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