DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE V
« Il n'est pas possible, disait-elle encore, de vivre longtemps dans la vie spirituelle sans passer par de grandes épreuves.
« Les afflictions qui nous arrivent ne sont pas des choses casuelles, mais des grâces de la Providence pour nous détacher des créatures et nous unir à Dieu.
« Je ne sais comment on se peut aigrir dans les accidents fâcheux, puisque, venant par l’ordre de la divine Providence, tout nous doit être également aimable.
« Avoir de la résignation dans les souffrances, c'est une marque que l'on est proche de Dieu et de ses miséricordes.
« Dans les infirmités que Dieu nous envoie, nous ne devons rien désirer, sinon qu’elles ne nous empêchent point de le servir; car, quant aux souffrances qui y sont attachées, c'est un présent qu’il nous fait et que nous devons chérir. »
Elle disait souvent aussi que « souffrir et prier, c'est tout ce que nous pouvons faire en ce monde, tant pour nous-mêmes que pour en obliger les Églises triomphante, militante et souffrante ! ».
Comment nous étonner que de si profondes maximes, souvent répétées par notre vénérable Mère, avec cette autorité souveraine que les exemples d'une sainte vie sont seuls capables de donner à la parole, aient formé dans le monastère de Tours de si ferventes âmes, des religieuses si parfaites ?
‘ Dom Claude Martin, addition au ch. vint, p. 237 et suiv.