‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 14 sur 258 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE II

ardeurs de son zèle. Elle eût voulu répandre partout la parole de Dieu, à l'imitation des prédicateurs de l'Évangile , pour lesquels elle avait eu dès son enfance une sorte de pieuse et instinctive dévotion. Ellemême nous a révélé à cet égard les sentiments

intimes de son cœur dans ces lignes touchantes : :

« Dès mon enfance, ayant appris que Dieu lui-même

parle par les lèvres des prédicateurs, j'ai trouvé

cela si admirable, que je me suis sentie très vivement portée à aller les entendre... J'avais une si grande vénération pour eux, que, lorsque j'en apercevais un dans la rue, je me sentais portée à courir après lui et même à baiser avec respect les traces de ses pas, Je le suivais longtemps du regard, jusqu’à ce qu'il eût complètement disparu. Lorsque j'entendais la parole sainte, il me semblait que mon cœur était comme un vase dans lequel elle tombait et se conservait comme une liqueur précieuse. Ce n’était pas là une vaine imagination, mais une réalité; car vraiment, quand j'entendais cette divine parole, je recevais du Saint-Esprit une telle effusion de grâces, qu’il me semblait que mon âme ne pouvait plus les contenir. J'étais obligée de leur donner, en quelque sorte, une issue dans l’oraison, ou même quelquefois d’exhaler par des paroles ardentes cette surabondance de sentiments pieux dont j'étais remplie. Je m'adressais alors tantôt à Dieu avec une grande ferveur, tantôt aux personnes de la maison, leur répétant avec un grand zèle ce que le prédicateur avait dit ou ce que je pensais moi-même.

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« Un jour, à l’occasion d'un sermon sur le saint Nom de Jésus, ce nom divin plusieurs fois prononcé par le prédicateur fut pour moi comme une manne céleste qui pénétra tellement mon cœur de sa suavité, que tout le jour je ne pus dire autre chose que Jésus, Jésus... Mon cœur demeurait souvent jour et nuit embrasé de ces saintes ardeurs. Je commençais à parler à Dieu d’une manière qui m'était toute nouvelle et inconnue. Je suivais en cela simplement l'attrait intérieur qui m'était donné, sans m'’attacher à autre chose qu'aux bons sentiments qui étaient produits en moi par la parole sainte, et qui, en me poussant de plus en plus à aller l'entendre, me fortifiaient chaque jour davantage dans la pratique des vertus de mon état!. »

Dans une lettre adressée à son fils, à la date du 1% septembre 1643, elle disait encore : « Il me semble que, dès mon enfance, Dieu me préparait à la grâce que j'ai le bonheur de posséder maintenant. J'étais alors, en effet, par l'esprit, bien moins dans le pays que j'habitais que dans les régions éloignées où j'ai le bonheur d’habiter aujourd’hui, et où je me plaisais à considérer les généreuses actions de ceux qui y travaillaient et souffraient pour Jésus- Christ. Mon cœur se sentait dès lors uni aux âmes apostoliques d’une manière tout extraordinaire. »

Nous pourrions citer bien des exemples de cet attrait profond pour la parole de Dieu. Elle la médi-

1 Claude Martin, Ire partie, ch. 1v,

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