DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VII
« Ce raisonnement spécieux était le seul qui pût faire quelque impression sur l'esprit de M'° de Chauvigny.
« Dès qu’elle fut restée seule dans sa chambre, après le départ de ses parents, elle en fit le sujet d’un long et sérieux examen. Prosternée au pied de son crucifix, longtemps elle pleura et pria en implorant les lumières du ciel.
« — O mon Dieu! s’écria-t-elle enfin au milieu de ses angoisses et de ses sanglots, est-il donc possible que je sois condamnée à opérer mon salut au milieu
de tous les dangers du monde ! Mon père veut désormais que j'assiste à la chasse et à l'opéra; et pendant les longues heures que je perdrai à ces amusements, il me faudra vous oublier, à mon Dieu! vous qui avez songé à moi de toute éternité! Non, je ne puis oublier votre présence pour celle des créatures. »
« Puis, après quelques instants de profonde réflexion :
« — Oui, continua-t-elle avec enthousiasme, j'irai à la prochaine abbaye, et je demanderai mon admission pour quelques jours, afin d'y faire la retraite au commencement du carême ; et lorsque j'y serai, je tâcherai d'y rester! »
« Après avoir pris cette soudaine détermination, M'° de Chauvigny se releva toute consolée, et s’endormit le cœur léger et plein d'espérance.
« Le lendemain, aux premiers rayons du soleil, elle était sur la route de l’abbaye, et gravissait, quelques heures après, les degrés du parloir. Après
avoir obtenu son admission sans difficulté, elle écrivit à ses parents pour leur demander l'autorisation d'y séjourner pendant quelques jours.
« Dès que la voiture qui l'avait amenée fut de retour au château, et que la nouvelle de son absence eut été annoncée, tout fut en émoi dans la famille. Mais nul ne ressentit plus violemment ce choc que M. de Chauvigny; sa surprise et son mécontentement furent extrêmes. Sur-le-champ, il ordonna de préparer sa voiture, et, après avoir expédié des lettres d'invitation à ses amis pour le soir même, il s'éloigna rapidement du château, accompagné de M"°° de Chauvigny tout en pleurs.
« Les tourelles de l'abbaye se dessinèrent bientôt dans le lointain, et peu d’instants après la voiture franchissait les barrières du monastère.
« L’abbesse, qui était parente éloignée de M. de Chauvigny et qui connaissait son attachement excessif pour sa fille, ne fut nullement surprise de cette soudaine arrivée. Elle l’accueillit, le sourire sur les lèvres, en lui disant que sa fille n’était venue chez elle que pour suivre les exercices de la retraite, afin d'accomplir un vœu secret.
« En entendant parler de vœu, M. de Chauvigny ne se posséda plus d’indignation.
« — Jamais, s'écria-t-il, ma fille ne fera ni n’accomplira de vœu ici, tant que j'aurai un soufile de vie! Rendez-moi mon enfant, » poursuivit-il d'une voix toute tremblante de colère.
« En ce moment, M'° de Chauvigny entra dans le
crition
t de ence rille.
que entelonna é des ème, né de
ientôt roiture
M. de cessif e sousur les e chez te, afin
uvigny i n’acuffle de
il d'une
dans le