‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 146 sur 258 · AU MONASTÈRE DES URSULINES DE TOURS · texte numérisé non relu

AU MONASTÈRE DES URSULINES DE TOURS

s de Lutte amoureuse entre la volonté de l'Époux divin et celle de son onde épouse. — Le doux et aimable ravisseur. — Elle manifeste le cette secret de sa vocation apostolique au Canada, — Le Père de la è Haye. — Le Père dom Raymond de Saint-Bernard. — Ardeurs Vivre apostoliques. — Lettres encourageantes des révérends Pères ourir Jésuites du Canada. — La Mère de l'Incarnation surmonte tous j“étel les obstacles. — Soupirs vers le Canada. Aussi Expectans expectavt Dominum, et intendit mihi.

e des J'ai attendu le Seigneur et mis en lui 1 * toute ma confiance, et il s’est incliné vers s se moi. (Ps. XXXIX.) parés

Dieu, qui est si jaloux de régner en maître absolu dans les âmes qui sont l'objet de ses préférences, exige d'elles le sacrifice complet de toutes choses, mais surtout celui de leur volonté. Et plus une âme ainsi aimée de Dieu est naturellement ardente et généreuse, plus elle doit s'attendre à être mortifiée de ce côté.

Nous allons voir notre vénérée Mère passer pendant deux années, bien longues au gré de ses désirs,

par cette épreuve si mortifiante, mais si nécessaire, de la mort de la volonté propre. Son âme, avide de sacrifices, ne rêve plus que le Canada, où elle sait que son divin Époux veut l'envoyer, et Dieu cependant lui impose de longs retards, lui suscite des contradictions de tous genres, jusqu’à ce que, faisant à Dicu, en quelque sorte, le sacrifice de Dieu luimême, elle se soumette, se résigne et meure à tous les plus saints désirs.

Au moment où nous avons laissé notre fervente Ursuline, elle venait, nous l’avons vu, de recevoir l’ordre divin d’aller fonder une maison religieuse destinée à faciliter l'œuvre de l'apostolat dans la Nouvelle-France. Elle nous a raconté elle-même que peu après cet événement, et pour hâter le moment où il lui serait donné d'exécuter cet ordre divin, elle s’offrit à Dieu en qualité de victime. Elle voulut aussi unir le souvenir et le nom de saint Joseph, pour lequel elle a toujours eu une grande dévotion, à ceux de Jésus et de Marie, et demanda à Dieu que la

maison qu'elle avait reçu l’ordre d'aller fonder au Canada fût placée sous la protection spéciale de Jésus, Marie, Joseph.

« J'avais de fortes impressions, disait-elle en parlant de saint Joseph, que c'était lui que j'avais vu

dans ma vision, sous la forme de ce personnage habillé de blanc qui me parut être le gardien de ce grand pays. Aussi, dans mes plus intimes et familiers entretiens avec Dieu, j'avais en esprit que Jésus, Marie et Joseph ne devaient point être séparés. Un

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