DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VII
Le Père dom Raymond de Saint-Bernard ne put s'empêcher d'être très ému à la lecture de ces deux lettres.
Après un examen prolongé et attentif, il fut obligé de reconnaître que ce projet n’était point un effet de l'imagination, ni un dessein conçu à la légère. Il s: rappela que la Mère Marie de l’Incarnation, étant toute jeune encore, se joignait déjà en esprit aux hommes apostoliques, pour travailler avec eux au salut des âmes, et que son attrait surnaturel, constant et permanent, avait toujours été de se dévouer à la conversion des infidèles.
Il remarqua en outre que, malgré ses vifs et véhéments désirs pour la vie apostolique dans le Canada, elle subordonnait complètement sa volonté propre à celle de Dieu, jusqu’au point de supplier son divin Maître et Époux de ne point l'envoyer dans la Nouvelle-France, si ce n’était point son bon plaisir.
Ce qui le frappa non moins encore, ce fut de voir que, dans l'impétuosité de ses désirs et de son zèle, elle ne ressentait jamais ni trouble ni inquiétude, mais qu’elle demeurait toujours, au contraire, dans une profonde et solide paix.
Toutes ces considérations agirent vivement sur son esprit, et commencèrent à lui faire envisager le projet qui lui était soumis, sous un aspect favorable.
Du reste, il était bien facile de reconnaître tous les signes du véritable appel de Dieu dans cette vocation étonnante, On a vu avec quel respect, quelle