DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE X
toutes ces démonstrations. La première religieuse qui l’aborda fut la Mère Ursule de Sainte-Catherine, qui s’écria en l’apercevant : « Ah! ma chère Mère! que Dieu vous fait de grâces! Voilà que cette bonne dame vous vient querir, elle est sur le point d'arriver. » L'émotion l’empêcha de parler davantage, car elle aussi avait un vif désir d’aller au Canada.
Déjà, dans la matinée de cet heureux jour, notre chère élue pour les missions de la Nouvelle-France avait eu le pressentiment surnaturel de ce qui allait arriver. Elle s'était sentie pressée plus que de coutume d'aller remercier saint Joseph. Bien qu’elle fût en ce moment en classe, auprès des enfants qu’elle n’osait quitter, et qu'une partie du jardin fût envahie ce jour-là par des ouvriers occupés à quelques réparations nécessaires, elle n’avait pu résister à l'attrait intérieur qui la poussait, et ayant pris avec elle quelques élèves, elle s'était dirigée vers la statue bénie du saint protecteur de la maison, aux pieds de laquelle elle était demeurée un assez long moment, tout absordée en Dieu, le cœur pénétré de la plus vive reconnaissance.
Une grave question bien capable de préoccuper vivement la pieuse communauté demeurait cependant à résoudre, Quelle serait celle d’entre les religieuses qui serait choisie pour accompagner la Mère Marie de l’Incarnation? Un zèle ardent et généreux s'était emparé de toutes ces saintes âmes, jalouses de sacrifier leur vie pour l'extension du règne de leur bienaimé Jésus.
Plusieurs jours s’écoulèrent ainsi avant l'arrivée de M: de la Peltrie, durant lesquels M d’Échaux!, alors encore archevêque de Tours, fut mis au courant par le Père Grand-Ami, son confident ordinaire et recteur du collège de cette ville, des intentions de cette généreuse dame, des secours qu'elle avait trouvés en M. de Bernières et de la prochaine visite qu'elle allait lui faire. Ce digne prélat était un homme déjà avancé en âge, d'un noble caractère et d'une grande et austère vertu. À la première communication de cette grave affaire, il fit au Père Grand-Ami cette touchante réponse où se peignaient la foi et la tendresse de son cœur d'évêque : « Eh quoi! est-il possible que Dieu me veuille bien demander de mes filles pour un si pieux dessein ? Ah! je ne suis pas digne de cette grâce. Mais s’en trouvera-t-il bien quelqu'une qui veuille s’exposer dans une si louable entreprise ?» Le Père Grand- Ami répondit que depuis longtemps Dieu s'était préparé une âme d'élite pour cette laborieuse et difficile mission, en la personne de la Mère Marie
1 Bertrand d'Échaux, archevêque de Tours, dont nous avons déjà parlé cet dont il est ici question, était originaire du Béarn. Sa famille était une des plus anciennes et des plus illustres du pays, ct se rattachait assez étroitement à celle d'Henri IV. Il fut nommé à l'évêché de Bayonne en 1599, et promu en 1611 ou 1618 à l’archevêché de Tours, en remplacement de Sébastien Galigaï, irère de la maréchale d'Ancre. Louis XIII le nomma grand aumônier du roi et le proposa pour le cardinalat, mais Richelieu, qui le voyait d'assez mauvais œil, empècha cette promotion, Il mourut à Tours le 21 mai 1641, chargé d'années et de mérites, laissant à son Église le souvenir des plus belles vertus épiscopales.
[ON
rrivée aux", | couinaire ns de avait visite it un tère et | com- 1 Père naient
« Eh > bien *ssein ?
is s’en xposer rands'était use et Marie
s avons
Béarn.
stres du V. Il fut ou 1618 Galigaï, d aumôlieu, qui
mourut hissant à