DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE X
de l'Incarnation. « Vous me consolez, dit alors le saint prélat; néanmoins, comme son zèle pourrait être refroidi par le temps, et qu'il faut juger des vocations par les dispositions qui se rencontrent dans les occasions de leur exécution, allez la voir de ma part ct, après l'avoir interrogée, vous me rendrez compte de ses sentiments, qui me serviront de règle pour me déterminer. »
Mais déjà M”° de la Peltrie, qui, depuis plusieurs jours, s'était mise en route pour Tours, accompagnée de son nouveau Raphaël, M. de Bernières, approchait du terme de son voyage. Elle arriva dans cette ville sous le nom de M"° de la Croix, afin d'éviter les bavardages du public et tenir ses négociations plus secrètes. Son premier soin fut d'aller frapper à la porte de l’archevéché et de se faire introduire, avec M. de Bernières, auprès du digne archevêque, qui les reçut l’un et l'autre avec la plus grande aflubilité. En les considérant attentivement il reconnut bien vite la vérité de tout le bien qu’on lui avait dit de la vertu de ces deux saints personnages. Il fut non moins frappé de leur distinction, à la fois simple et naturelle, que de la rare. modestie de M"° de la Peltrie et de la sincérité avec laquelle elle lui ouvrit son cœur ; aussi leur promit-il de favoriser leurs bons desseins de tout son pouvoir.
À peine étaient-ils sortis, le Père Grand-Ami revint auprès du prélat pour lui rendre compte des dernières dispositions de la Mère Marie de l’Incarnation. Il trouva le pieux évêque encore tout ravi de
son entrevue avec M”° de la Peltrie et M. de Bernières. Il lui fit part aussitôt de sa mission. « La vocation de la Mère Marie de l’Incarnation est très bien fondée, dit-il; le temps n’a fait que la rendre plus ferme et plus solide. Il est impossible de trouver une âme plus zélée pour l’accomplir et plus résolue à souffrir toutes les peines qui pourront se rencontrer dans son exécution. » A ces mots, l’auguste vieillard, levant les yeux au ciel, lui répondit : « Allez donc dire à M"° de la Peltrie que je lui donne la Mère Marie de l’Incarnation, avec celle des religieuses qui aura assez de courage pour la suivre. Faites-la aussi entrer dans le monastère, afin qu’elle soit présente à tout ce qui se passera et que la seconde qu'on lui donnera lui soit agréable. Dites aussi de ma part à la supérieure des Ursulines de donner entrée dans le cloître à M"° de la Peltrie, avec tous les honneurs dus à sa mission, tels qu’on me les ferait à moi-même. »
Le Père recteur courut aussitôt annoncer cette heureuse nouvelle à la noble dame, et transmettre à la supérieure des Ursulines les ordres de MF l’archevêque.
Les préparatifs des visites épiscopales furent faits à l'instant. On disposa dans le chœur de la chapelle intérieure le prie-Dieu orné destiné à l'usage de l'archevêque, et toutes les religieuses, formant la haie et tenant chacune à la main un cierge allumé, se rendirent à la porte du cloître pour y attendre M": de la Peltrie, qui ne tarda pas à paraître, À cé
Ber- « La très ndre Juver solue ntrer lard, donc Mère euses tes-la > soit conde ssi de lonner tous e les
cette ettre l’ar-
t faits apelle ge de ant la lumé, tendre
, À cé