‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 177 sur 258 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE X · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE X

dit que depuis longtemps elle postulait son admission dans une maison religieuse, mais que, puisque Dieu lui offrait une si belle occasion d'exposer sa vie pour son service, elle n’hésitait pas un instant. Elle ajouta qu'elle était toute prête à partir, et ne demandait que le temps d'aller porter la clef d'un coffre à une de ses compagnes, afin qu’elle pût la charger de rendre un dépôt qui s’y trouvait contenu.

De si belles dispositions charmèrent M"° de la Peltrie, qui lui promit aussitôt de lui faire donner le saint habit religieux dès son arrivée au Canada, Nous la retrouverons, en effet, dans le premier monastère des Ursulines de la Nouvelle-France, sous le nom de Mère de Saint-Ignace. ÇC'a été la première religieuse qui ait pris l’habit et fait profession dans cette maison.

Elle se nommait dans le monde Charlotte Barré, et était d’une famille fort honnête. Un de ses oncles était chanoine. Sa résolution d'aller s’immoler à Dieu dans les Missions fut aussi ferme et irrévocable qu’elle avait été prompte.

Ce fut en vain que son frère mit tout en œuvre pour la retenir. Elle fut si généreuse dans son sacrifice, qu'elle ne voulut pas même se donner la douce consolation d’aller embrasser sa mère avant son départ. « Nous reçûmes cette bonne fille, a dit plus tard la Mère de l’Incarnation, comme un présent que Dieu nous faisait pour nous accompagner dans notre voyage. » Le présent était, autant qu'il est possible à une créature de l'être, digne de la main divine qui

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