‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 188 sur 258 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE XI

avait entendu faire souvent par sa vénérée Mère des révérends Pères jésuites lui revinrent à l'esprit. Les services qu'ils lui avaient rendus à lui-même, l'intérêt que plusieurs d’entre eux lui portaient, les généreux élans de sa mère pour les missions, tous ces chers et nobles souvenirs excitèrent dans son cœur un vif attrait pour la Compagnie de Jésus. Il en fit part à sa mère dans une lettre qu'il lui adressa à Paris peu de jours après son entrevue avec elle à Orléans.

Celle-ci, toute transportée de joie, se hâta de communiquer cette nouvelle au Père de la Haye, au Père Dinet et à plusieurs autres Pères. Elle écrivit en même temps à son fils de se rendre immédiatement auprès d'elle, pour hâter la réalisation de ce pieux dessein. Le jeune homme arriva aussitôt; mais Dieu ne permit ce voyage que pour lui donner l'occasion d’embrasser une dernière fois sa pieuse mère, car il avait d’autres desseins sur lui, et ce n'était pas à la vie apostolique dans la Compagnie de Jésus qu'il le destinait.

En arrivant à Paris, la pieuse caravane était descendue tout d’abord chez M. de Meules, maitre d'hôtel du roi. Le premier besoin du cœur de notre vénérée Mère fut d'écrire à la supérieure des Ursulines de Tours une leltre qui nous a été conservée !

« Ma très chère et très révérende Mère, nous venons d'arriver à Paris, par la grâce de Notre- Seigneur, en fort bonne santé. La maison de M. de

Meules, maître d'hôtel du roi, nous a été ouverte de la manière la plus obligeante du monde. M. de Bernières y pourra avoir son appartement, et de tous côtés, soit pour lui, soit pour nous, on tapisse et on meuble les chambres. Il semble qu’il ÿ ait empres-

sement à nous faire du bien. M"° P** est venue bien loin au-devant de nous, et nous a obligées à faire le reste du chemin dans son carrosse. Le Père de la Haye, à peine informé de notre arrivée, est venu aussitôt nous témoigner la joie qu’il éprouve de nous voir au moment de posséder enfin le bien que nous attendons depuis si longtemps. En voyant la Mère Marie de Saint-Joseph, qu'il n'avait jamais vue, il l’a jugée propre pour la mission du Canada ct n’a pas douté que le choix qu'on en avait fait n'eût été de Dieu. Nous conférerons demain de nos affaires et je vous donnerai avis de tout. Les révérendes Mères Ursulines de cette ville nous offrent leur maison ; mais je crois que nous les remercierons de leur charité, car M"° de la Peltrie vent être libre et ne désire pas que nous nous séparions d'elle. Nous ferons notre possible pour tenir notre arrivée secrète, et pour que notre dessein ne soit connu que de ceux qui peuvent en favoriser l'exécution, car je prévois que nous serions accablées de visites, sitôt qu'on en aurait connaissance! »

La maison de M. de Meules, où étaient descendues

1 Leltres historiques. Lettre VIT, p. 314 et suiv,

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