‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 200 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE I

pirates qui infestaient alors les mers? Bientôt pour lui 1il n’y eut plus le moindre doute. Une multitude d’autres voiles du même genre venaient de faire leur apparition sur la vaste étendue de la mer. Il était en présence d’une flotte très considérable, montée par ces corsaires qui étaient la terreur des navigateurs à eette époque.

Comprenant qu'il n’y avait de salut que dans la fuite, il mit aussitôt la proue au nord et se dirigea vers les côtes de la Grande-Bretagne. Cette manœuvre sauva bien le navire, mais elle l’éloigna considérablement de sa route. Pour comble de malheur, au lieu de pouvoir redescendre vers les régions moins élevées, il eut à essuyer durant plusieurs jours, quand il fut arrivé en plein Océan, quelques tempêtes et gros temps du sud, qui le jetèrent encore bien plus haut vers le nord. Le froid ne tarda pas à devenir assez intense. Mais ce ne fut là que le moindre inconvénient de ce grand écart vers les régions boréales, Après plusieurs jours de navigation bien au-dessus des latitudes ordinaires où se maintiennent les navires allant à Québec, on se vit bientôt en présence d’un si grave péril, qu'on ne put y échapper que par miracle. C'était le. dimanche même de la très sainte Trinité, par un temps brumeux, mais très calme. La sainte messe avait été dite à bord, comme de coutume, et nos Mères et M"° de la Peltrie avaient communié,. Puis elles avaient récité, selon l’usage, dans leur petit oratoire les heures canoniales. Mais à peine

venaient-elles d'en terminer les dernières prières, un cri d’épouvante et presque de détresse retentit tout à coup sur le pont du navire. Elles y coururent aussitôt; tout l'équipage s’y trouvait déjà, plongé dans la terreur et la consternation. On apercevait, en effet, à travers la brume épaisse, une énorme banquise semblable à une montagne flottante, qui se dirigeait vers le vaisseau. C’étaient d'immenses blocs de glace réunis les uns aux autres, détachés des mers glaciales, qui erraient çà et là sur les flots. On eût dit, selon une comparaison de notre Mère ellemême, «une ville escarpée et munie de ses défenses.» Il y avait, ajoute-t-elle, « des avances qui paraissaient comme des tours. Les glaçons s'étaient tellement accumulés au-dessus, qu’on les eût pris de loin pour des donjons; il y aveit des flèches et des pointes de glace si élevées, que je s’en pouvais voir la cime. » Que pouvait-on faire en présence d’un pareil danger? Fuir? Le vent était tombé, la mer était presque au calme plat. Toutes les manœuvres furent impuissantes, et par conséquent inutiles. La montagne de glace avançait toujours. Quelques instants encore, et le navire allait être heurté et inévitablement mis en pièces. On n’entendait déjà que gémissements et cris confus de détresse. Le R. P, Vimont, voyant que le péril était imminent, donna l’absolution générale, et chacun attendait la mort. M"° de la Peltrie s'était jetée au cou de notre vénérée Mère, disant qu’elle voulait mourir dans ses bras.

4 Dom Claude Martin, liv. III, ch. 1, addition.

ION

ières, etentit rurent plongé cevait, norme qui se s blocs és des ots. On re elleenses.»

paraisnt tellede loin pointes cime!.»

eil danpresque ent ima moninstants vitablee gémis- Vimont, bsolution me de la e Mère,

Page 1