‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 202 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE

de deuil, les vents commencent à se déchaîner a violence, les flots à gronder. Le navire pie alors prêt à craquer de toutes parts. Il fait Pr comme des gémissements lugubres, sous les ut des vagues qui l’agitent en tous sens.

Tout à coup un éclair illumine l'horizon d’

éclat sinistre, le tonnerre éclate avec fracas: és le signal du déchaïnement complet de la ï set pête. L'Océan entr'ouvre alors ses abîmes, le dl et les flots prennent un aspect formidable. Le ts secoué de toutes parts, descend et remonte le lon | de ces montagnes écumantes qui tantôt s'éivent, tantôt se dérobent sous sa carène gémissante, A milieu de ce déchaînement de tous les die .

en courroux, l’homme sent plus que jamais sa k k. blesse et son impuissance. Il se tourne avec pres vers Celui qui est le maître, et qui seul peut c . mander aux flots de s’apaiser. Mais, tandis que “ie est troublé autour d'elle, l’âme qui est Leu " et fermement unie à Dieu demeure dans le ee dans la paix. « Nos cœurs n'ont point été se par le trouble des éléments, dit naïvement not : Mère, parce que Celui à la providence duquel is nous sommes abandonnées nous fait oublier nou | mêmes et toutes choses. On ne peut expliquer ni concevoir le repos qu’on ressent quand on s’ donné une bonne fois à Dieu. » 2

Vers les premiers jours de juillet, on aperçut enfin à l'horizon les premiers rivages de l'A méri SA Christophe Colomb, en découvrant ce his

monde, dans la glorieuse nuit du 142 octobre 1492, n’éprouva pas une joie plus vive que nos ferventes religieuses en ce moment solennel. Elles tombèrent à genoux, et remercièrent la Providence, qui leur permettait de contempler enfin, bien que de loin encore, cette nouvelle terre promise.

La première pensée de tout l'équipage et de tous les passagers du Saint-Joseph fut d'exécuter le vœu du Père Vimont. Le navire s'approcha donc de ces premiers rivages; mais quand on fut au moment de débarquer, l’'empressement que l’on mit à descendre à terre faillit causer encore de nouveaux malheurs.

Après que chacun eut accompli ses dévotions, le navire reprit sa route vers le détroit appelé aujourd’hui détroit de Belle-Ile, qui donne accès, du côté du nord, au golfe de Saint-Laurent. C’est, paraît-il, un des passages les plus dangereux pour les navigateurs. Chaque année au printemps, ce détroit voit se renouveler un phénomène à la fois merveilleux et terrible. « C'est parfois, nous dit un récent auteur, pendant de longs jours et de longues nuits un défilé ininterrompu, par bandes compactes, d’icebergs gigantesques, venus du pôle et se dirigeant vers le Gulf Stream, où ils vont se dissoudre. L’admirable spectacle ! Sur le bleu froid, comme métallique, du ciel de ces hautes latitudes, les sommets de ces icebergs se découpent avec une netteté merveilleuse, les uns taillés en clochetons aigus, en créneaux de forteresse, les autres offrant à l’œil ébloui tout un

# Le Canada, par Sylva Clapin,

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