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blesses et à la glorieuse pénitence de l’infortunée duchesse de la Valliére, qui était la nièce de notre Mère Angélique de la Conception, aux prières de laquelle cette illustre pénitente fut redevable de sa conversion, ainsi que nous l'avons dit déjà. Le père de cette vénérée Mère avait eu douze enfants de son mariage avec une sœur de M. de Beauvau le Rivau, dont une autre sœur avait épousé le marquis de Choisy. Deux de ces enfants moururent en bas âge, quatre entrèrent dans la carrière militaire; l'aîné fut promu à la charge d’écuyer du roi pendant le siège de la Rochelle; il se distingua par plusieurs faits d'armes au siège de Corbie, à la bataille de Rocroi et de Sedan, ce qui porta le roi à l’élever aux plus hautes fonctions militaires. Il fut le père de la duchesse de la Vallière. Le second et le quatrième furent tués, lorsqu'ils étaient encore jeunes, l’un au siège de Philipsbourg et l’autre à celui de Danvilliers ; quant au troisième, il devint chevalier de Malte. On raconte que le roi Louis XIII l’aimait beaucoup, et qu'il se plaisait à passer de longues heures seul avec lui dans son cabinet à l'entendre disserter sur les mathématiques. Dès l'âge de vingt-six ans, il fut fait maréchal de camp, bientôt après lieutenant général du roi en Catalogne. Il fut tué devant Lérida. Deux autres fils se consacrèrent au service des autels : l’un devint évêque de Nantes et fut un des prélats les plus exemplaires de son siècle, et le second fut le R. P. Jacques de la Vallière, jésuite, qui mourut à la Martinique, au milieu des labeurs de l’apostolat.
Quant aux filles, on en comptait quatre dans cette illustre famille. La première en âge était la Mère Angélique de la Conception, la seconde mourut encore toute jeune au pensionnat des Ursulines de Tours, et les deux autres furent mariées l’une au marquis de Beauvau, et la seconde au marquis du Châtelet, grand maréchal de Lorraine.
Telle était la noblesse d'origine de la jeune et aimable enfant que la Mère de l'Incarnation trouva au pensionnat
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des Ursulines, quand elle y fit pour la première fois son entrée. Mais elle put se convaincre bientôt que tout ce vain éclat de sa naissance n’était que la moindre de ses qualités. Tout le monde était ravi de sa piété, de sa modestie, mais surtout de sa tendre charité. On en a conservé des exemples que nous regrettons de ne pouvoir citer ici.
Elle n'avait encore que dix ou onze ans lorsque ses parents songèrent à la fiancer à quelque riche seigneur. Mais l’aimable et pieuse enfant avait déjà fixé son choix. Elle ne voulait avoir jamais d'autre époux que Jésus- Christ. Ce fut en vain que ses parents insistèrent, elle fut inébranlable dans sa sainte résolution. On la vit donc revenir au monastère après quelques mois d'épreuves passés à la maison paternelle, et cette fois ce fut pour y échanger le petit costume de pensionnaire contre l’humble habit du noviciat.
On garda longtemps, au monastère de Tours, le souvenir de l'impression si douce produite par cette jeune enfant de douze à treize ans, d'une beauté et d'une grâce parfaites, lorsqu'elle parut pour la première fois sous son vêtement de novice. Quand on voulut lui donner un nom de religion, on ne trouva que le nom d’Angélique qui répondit à l’idée que chacune des religieuses se faisait de cette radieuse enfant. On y ajouta celui de la Conception, à cause de sa piété et de son amour pour la très sainte Vierge.
La jeune novice ne tarda pas à rivaliser de ferveur et de générosité avec les plus anciennes. Un de ses premiers actes fut de se frotter le visage avec des linges brûlants jusqu’au point de se blesser, dans la pensée d'en ternir l'éclat et la beauté.
Son âme était si pure, si simple, si naïve, que Dieu se plaisait déjà à la favoriser de grandes grâces qui paraissaient quelquefois à l'extérieur, malgré tout le soin qu'elle mettait à les cacher. On la trouva un jour toute seule à la
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