‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 226 sur 258 · PRES · texte numérisé non relu

PRES

chapelle ravie en extase devant le saint Sacrement. Un autre jour, au jardin, au milieu d'une conversation, elle se tut tout à coup; son visage devint tout rayonnant et comme illuminé d'un feu céleste. Elle demeura ainsi ravie hors d'elle-même, dans un état de suspension de toutes ses puissances, pendant un long moment. Dans la suite, ses extases devinrent de plus en plus fréquentes, et on remarqua qu'elles se produisaient surtout à l'approche des fêtes de la très sainte Vierge.

Inutile de dire combien cette âme si pure devint chère à la Mère Marie de l’Incarnation. Ce fut entre elles deux, malgré leur différence d'âge, une amitié sainte qui dura toute leur vie, et que l'éloignement ne fit que resserrer encore. Les filles de sainte Angèle ne sauraient oublier que c'est à la Mère Angélique de la Conception surtout qu’elles sont redevables du recueil des lettres et des ouvrages de notre vénérée Mère. Elle était persuadée, disait-elle, que le Saint-Esprit conduisait sa plume. Aussi elle ne pouvait lire ses écrits sans en être touchée jusqu'aux larmes. Dom Claude Martin reçut d'elle diverses lettres vers la fin de la vie de sa mère, dans lesquelles elle lui disait « que Dieu ne la laissait vivre parmi tant de souffrances et de langueurs que pour lui faire voir de loin la vie admirable de cette Mère, et la consoler par les exemples de vertu qu'elle lui voyait pratiquer ».

Mais son admiration et son amitié pour son ancienne sous-maîtresse du noviciat n'étaient point stériles; il fallait voir avec quelle ardeur elle s'efforçait de suivre ses exemples. S'oubliant toujours elle-même, elle se dévouait constar:ment pour tout le monde, mais surtout pour les malade: :t les infirmes. Quelque sœur était-elle atteinte d'une maladie qui exigeait des soins plus attentifs, plus difficiles, plus rebutants pour la nature, la sœur Angélique de la Conception ne laissait point perdre une aussi belle occasion de prouver à Dieu et au prochain sa cha-

ATION

sent. Un ion, elle nant et insi ravie de toutes , la suite, tes, et on l'approche

evint chère elles deux, te qui dura xe resserrer oublier que tout qu'elles ouvrages de ait-elle, que elle ne pou- ‘aux larmes.

es vers la fin disait « que frances et de se admirable ples de vertu

son ancienne tériles; il falde suivre 8e le se dévouait tout pour les t-elle atteinte 3 ttentifs, plus sœur Angédre une aus!

ochain sa cha-

rité. On se souvient que, pendant un temps d'épidémie, la plupart des religieuses et des enfants étant malades, elle remplit toutes les fonctions de sœur converse, balayant les corridors, faisant la cuisine, soignant les malades avec une joie et une sérénité parfaites.

Et cependant sa santé était des plus faibles. Ses souffrances causées par des attaques de goutte, des maux de dents, des maux d'estomac, des vomissements, étaient continuelles. Mais sa patience à les supporter était telle que si on voulait lui appliquer des remèdes, elle priait qu'on n'en fit rien, disant que si son mal s'adoucissait, il en viendrait un autre. « Et peu importe, ajoutait-elle, quel mal on a à souffrir puisqu'il faut souffrir. » Elle ne voulait pas davantage qu'on priât pour sa guérison ; « car, disait-elle, Dieu veut que je souffre, et il ne faut point faire de violence à sa volonté. »

Plus forte que tous les maux qui l'accablaient, elle les augmentait encore par de rudes macérations. Elle prenait de longues disciplines, et quand les forces lui manquaient pour cela, elle suppliait quelqu’une de ses compagnes de la flageller sans pitié. Sous ses vêtements, se cachait une ceinture hérissée de pointes. Sa vie, en un mot, n'était qu’une longue et douloureuse mortification de la nature.

Mais ses pénitences ne tardèrent pas à augmenter encore à l’occasion des nouvelles qu'elle reçut de sa nièce. Quand elle eut appris ses relations coupables avec Louis XIV, il n’est aucun sacrifice qu'elle ne s'imposât pour arracher cette âme qui lui était si chère à une vie si dangereuse et si criminelle.

Dieu voulut se laisser prier longtemps; mais, ainsi que nous l'avons dit, il agréa favorablement enfin le sacrifice entier de sa vie que la Mère Angélique de la Conception offrit à Dieu pour obtenir la conversion de cette nièce chérie. Trois mois après la mort de cette sainte Mère, qui

arriva la veille de l’'Immaculée Conception, 7 décembre 1673,

rentre

Mr: de la Vallière entrait au monastère des Carmélites, où elle est morte, on le sait, en odeur de sainteté.

Nous ne quittons qu'à regret cette si touchante et si édifiante figure de Mère Angélique de la Conception. Que de vertus héroïques et de grands exemples nous aurions à signaler encore dans cette glorieuse vie ! Espérons qu'une main habile tracera un jour, pour l'édification des âmes, son véritable portrait.

Nous ne pouvons nous empêcher de mentionner encore, parmi les ferventes disciples de la Mère Marie de l’Incarnation au monastère de Tours, la sœur Perrine de Sainte- Claire, simple sœur converse. Après avoir soigné ses vieux parents dans le monde, et leur avoir rendu jusqu’à leur mort tous les devoirs de la plus tendre piété filiale, elle avait sollicité la grâce d'être admise dans le monastère des Ursulines, qui venait d’être fondé tout récemment à Tours. Par un profond sentiment d'humilité, elle ne voulut y être reçue qu'à titre de sœur converse.

La Mère de l’Incarnation ne tarda pas à la distinguer parmi toutes les sœurs qui venaient profiter de ses leçons. Elle remarqua surtout chez elle une grande force d'âme et un dévouement à toute épreuve. Aussi lui donna-t-elle la nourriture spirituelle qui convient aux âmes héroïques, s'appliquant à la pénétrer profondément de ce grand principe si nettement formulé par le divin Maître, à savoir que celui qui aime son âme, c’est-à-dire sa vie propre et naturelle, la perd, et que celui qui la hait, au contraire, la garde pour la vie éternelle; d'où elle lui apprenait à tirer cette conclusion qu'elle devait se faire incessamment la guerre, et traiter son corps comme son plus grand ennemi. « C’est là, lui disait-elle, la première condition

TION

iites, où

nte et si tion. Que 8 aurions ns qu'une des âmes,

ner encore; » de l'Incare de Sainte- : soigné id endu jusqu à piété filiale, s le monastout récemumilité, elle verse.

la distinguer de ses leçons.

force d'âme i donna-t-elle es héroïques; e grand printre, à Savoir vie propre et au contraire; i apprenait à incessamment n plus grand ‘bre condition

pour arriver bien vite à la perfection, et jouir dès ici-bas de cette paix intérieure qui est le gage et l’avant-goût de celle du ciel. » .

La sœur Perrine de Sainte-Claire sut mettre en pratique un précepte si rigoureux. Elle se fit la servante et comme l'esclave de toutes ses compagnes. Elle traitait son corps comme une vraie bête de somme; non contente de lui imposer les plus durs travaux, elle le tourmentait encore par toutes sortes de macérations. Son habitude du silence était telle, qu'elle passa, dit-on, douze Avents et douze Carêmes sans parler à personne, se contentant d'écouter les ordres qu'on lui donnait et de leur obéir.

Ses rapports avec Dieu étaient en raison même de l’austérité de sa vie. On la trouvait quelquefois en extase devant les images de la très sainte Vierge. Toute sa personne respirait, malgré elle, un suave parfum d'édification et de vertu qui embaumait tout le monastère.

Sa charité pour le prochain était sans bornes. On raconte qu'une novice ayant été atteinte de la terrible maladie de la peste, on fut obligé de la séquestrer absolument loin de tout contact et de tout rapport avec la communauté; et comme il fallait lui donner une personne pour la soigner, on jeta les yeux, pour cette héroïque fonction, sur sœur Perrine de Sainte-Claire qui se dévoua avec bonheur à son service. Elle la soigna avec un zèle admirable jusqu'au moment de sa mort. Ce fut elle seule qui la prépara à paraître devant Dieu; ce fut encore elle seule qui ensevelit son corps, ce qu'elle fit avec une piété angélique. Et quand elle lui eut rendu tous ces devoirs, elle dut se résigner encore à passer quarante jours dans une entière séparation de toutes les personnes du monastère, habitant à l'extrémité du jardin une petite chambre dont elle ne sortait pas.

Pour comble d'épreuve, elle y fut attaquée des plus horribles tentations de la part des démons. Ils allaient

: D PE re

même jusqu'à la battre très cruellement, non contents de l'effrayer par l'apparition de spectres horribles et d'exciter dans son cœur des tristesses et des chagrins insupportables.

Sa mort fut le digne couronnement de sa vie. Après avoir été réunie à la communauté, elle reprit tous ses anciens travaux et ses pénitences. Mais elle ne tarda pas à être atteinte du mal qui devait briser les liens qui unissaient son âme à son corps, et lui permettre de s'envoler vers le céleste Époux. Elle s’endormit doucement du sommeil des justes le 1°" octobre 1652.

ATION

ntents de d'exciter insuppor-

vie. Après NOTICE”

t tous 865 tarda pas DE LA VIE ET DES ÉCRITS DE

s qui unise s'envoler M. DE BERNIÈRES-LOUVIGNY

nt du s0m- i ÉCUYER

Page 1