PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE IV
toute spirituelle et très pure. Dieu me faisait ainsi comprendre qu'il voulait dégager de plus en plus mon âme de toute impression et représentation corporelle et sensible, et l'établir dans un état de suréminente pureté tout à fait nouveau pour elle.
« C'est pourquoi je m’abandonnais de plus en plus à Dieu, dans l'ignorance où j'étais des voies qu'il me faisait suivre, ne lui demandant rien autre chose que l'accomplissement de sa sainte et adorable volonté, Ce Dieu de toute sainteté m’apparut un jour comme une grande et vaste mer qui ne peut rien garder en elle-même d'impur et de souillé, sans le rejeter au dehors. Lui aussi rejette impitoyablement loin de lui les âmes mortes, lâches et impures. Je commençai à comprendre dès lors l'épouvantable disproportion qui existe entre la pureté d'une âme, quelque grande qu'on la suppose, et celle qui est requise pour entrer dans l'union et la communication intime avec Dieu. O mon Dieu! qu’il y a d'impuretés à faire disparaître en nous pour que nous puissions arriver à cette union complète qui est le terme de vos divines opérations en notre âme !
« L'esprit divin est pour les âmes appelées à un haut degré d'union comme un censeur inexorable qui ne laisse rien passer. Et cependant cette pureté exquise n'est que le premier degré de cette union, et l'âme qui y est arrivée en peut déchoir en un moment. Cette seule pensée me fait frémir. Je tremble en considérant combien il est important pour une âme favorisée de ces grandes grâces d’être fidèle jus-