‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 35 sur 258 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE IV

mourir. Eh quoi! vous êtes bon et tout-puissant, et votre cœur est plein d'amour, et vous vous complaisez néanmoins dans le tourment que j'endure ! Vous pourriez m'en délivrer par la mort,et vous me laissez vivre ainsi! Que tardez-vous tant à venir en moi ou à m'attirer à vous ? Que vous plaît-il que je fasse ? Commandez, et vos ordres produiront aussitôt en moi des œuvres qui vous seront agréables et gagneront enfin votre cœur !. »

Au milieu de ces saints transports, la généreuse servante de Dieu allait et venait, vaquait aux affaires de commerce, conversait avec toutes sortes de gens comme une personne ordinaire, Mais, tandis qu'elle conversait avec les créatures, son âme était en parfaite union avec Dieu, toute brülante des feux de la charité divine. On aurait pu croire peut-être, à la voir occupée aux choses extérieures, qu'elle recherchait avec ardeur les biens temporels, tant son activité était grande, tandis qu'au contraire son âme en était complètement détachée. Ce qu'elle cherchait, ce qui passionnait son cœur, c'était uniquement son bien-aimé Jésus. & On ne saurait dire, dit-elle, ce que l'âme éprise du divin amour souffre dans la recherche de son bien-aimé; mais néanmoins elle ne voudrait voir finir ces souffrances que pour entrer dans la pleine possession de ce cher objet de ses désirs. Tantôt il lui semble qu’elle «à

comme des bras intérieurs continuellement tendus

1 Dom Claude Martin, relalion, ch. xx, [re partie, p. 53,

pour la saisir et l’embrasser ; tantôt elle croit déjà le posséder, et elle s’écrie : Je suis toute à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi!, Zl est comme un autre moi-même, c'est mon tout, c'est ma vie. Dieu ! à quel état cette âme ne se réduirait-elle pas pour courir librement après ce bien-aimé et jouir de sa présence ! Mais elle est comme chargée de chaînes et prisonnière de cet amour. La vie n'est plus pour elle qu’un pur néant, en comparaison de la possession du divin Époux qui lui est promis?. »

1 Cant., vi, 2.

2 Dom Claude Martin, relalion, ch, x, [re part., p. 53.

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