CHAPITRE V LA FIANCÉE DE JÉSUS
Elle fait vœu de pauvreté et d'obtissance, — Ses grandes austétérités. — Angoisses ct peines intérieures. — Douce et sublime vision.
Beati qui aû cœnain nupliarum Agni vocali sunt. Bienheureux ceux qui ont été appelés au banquet des noces de l'Agneau.
(Apoc., XIX, 9.) Dexterain meam et collum meuin cinæit lapidibus pretiosis, tradidit auribus meis inestimabiles margaritas,etcircumdeditme vernantibus atque coruscantibus gemmis.
Il a entouré mon bras et mon cou de picrres précieuses; il a orné mes oreilles de saphirs d’un prix inestimable, et toute ma personne de diamants verdoyants et étincelants.
(Brév. rom. — Fête de sainte Agnès.)
Depuis le jour béni où notre future épouse du Verbe divin eut reçu des lèvres même de Jésus la promesse de l'union sublime à laquelle il la destinait, elle ne cessait, nous l'avons vu, d'être absorbée par la pensée de cette divine alliance. Nous avons entendu
déjà quelques-uns de ses soupirs enflammés, de ses appels pressants; nous avons même pu considérer quelques-uns de ses préparatifs pour le jour des noces; mais il nous reste encore à les étudier plus en détail. La fiancée de Jésus est jalouse d’orner son âme d’une manière digne du divin Époux. Pour cela, il n’est rien qu'elle ne soit prête à accomplir. Elle n'hésitera pas à se procurer, au prix des plus grands sacritices, les diamants les plus rares et les plus précieux, car elle veut que les yeux de son Bien-Aimé soient ravis, que son cœur soit ému au brillant aspect de sa future épouse,
Elle sait que les vertus évangéliques sont comme d’étincelants joyaux dont Jésus se plaît à considérer l'éclat. Elle s'appliquera donc à les posséder, Mais il en est parmi elles qui resplendissent entre toutes les autres. Elles ont brillé d'abord en Jésus d’un éclat tout particulier; elles ont été comme le rayonnement le plus vif de sa divine charité, Ce divin Sauveur ne les impose pas, mais il les conseille. Elles sont ici-bas le glorieux apanage des privilégiés de son cœur, et comme la dot qu'il exige de ses épouses. On les appelle la pauvreté volontaire, la chasteté parfaite et l’obéissance absolue.
Depuis longtemps déjà, la nouvelle fiancée de Jésus, dont nous racontons la vie, possédait intérieurement l'esprit de ces belles vertus. Son attrait pour la vie religieuse, qui remonte aux premiers jours de sa jeunesse, en est la preuve. Mais depuis la mort de son